Les courants de pensée politique de ces dernières décennies, et plus globalement les philosophies de vie, ont souvent reposé et continuent à reposer sur le clivage, réel ou entretenu, entre Conservatisme et Progressisme.
Ce clivage, plus artificiel que réel à notre sens, nous interroge car ne pourrait-on pas être Conservateur et orienté raisonnablement vers le Progrès et la Science, ou alors Progressiste tout en s’appuyant sur nos Racines, notre Histoire et nos Valeurs issues du Passé ?
Nous venons de vivre 40 années gouvernées majoritairement par le Progressisme et, dans une démarche pragmatique, nous chercherons à en évaluer la « Performance ».
C’est l’objet de cet article, qui n’a pas l’ambition de développer philosophiquement ces deux courants de pensée politique, mais qui plutôt aspire à tirer les enseignements de ces 40 années passées qui se traduisent aujourd’hui par trois états de fait préjudiciables pour le futur de notre Population et Nation, que nous qualifierons les trois « Dé » :
- Déclassement
- Décadence
- Décivilisation
Un changement de cap nous semble indispensable et prioritaire.
Il pourrait s’appuyer sur un rééquilibrage raisonnable entre Conservatisme et Progressisme alliant Histoire, Racines et Progrès, comme nous le développerons.
Comme le définit Michel Versant (source https://www.philosophie.ch/fr/2023-01-20-versant), « on définit ordinairement l’esprit conservateur comme attaché à la tradition, aux notions d’ordre et d’autorité reçues comme un héritage, à la prégnance apodictique des valeurs morales et religieuses, au culte passionné et sentimental du passé.

À l’inverse, on rattache l’esprit progressiste ou révolutionnaire au désir permanent de changement, à la croyance que seules les réformes sociales et économiques ainsi que les sciences et les techniques peuvent faire passer les hommes de la barbarie à la civilisation, ou encore à une véritable méfiance envers toute autorité s’affichant comme ancestrale, étant communément admis qu’on ne peut rien attendre de la tradition ou de l’ordre naturel des choses ».

Si on se réfère aux sources grecques philosophiques, on notera que ces 2 courants de pensée sont portés par Platon (Conservatisme) et Aristote (Progressisme).
Elles traverseront toutes les époques jusqu’à notre période.
Pour faire référence à nos jours, nous pouvons considérer que les 40 dernières années ont été portées de manière majoritaire par un Progressisme plutôt marqué, équilibré timidement par un Conservatisme de façade.
Nous assistons d’ailleurs à une radicalisation du Progressisme au travers du wokisme et cancel culture qui progressivement gagnent notre Société en pénétrant notamment le domaine de l’Éducation (Universités notamment).
La concrétisation de ce Progressisme persistant se traduit tous les jours de la manière suivante :
- Déclassement de notre Pays
On relira ici nos précédents articles « Make France Great Again » qui mettent en évidence entre autres les éléments confondants suivants :
- La France n’est plus que la 7ème puissance mondiale (précédemment 5ème puis 6ème puis…)
- La France se situe parmi les derniers pays européens et mondiaux en termes de performances d’Éducation (français et mathématiques notamment)
- Décadence de notre Pays
Là encore, on se référera à notre précédent article « Autorité, Respect et Décadence ».
Aujourd’hui, on assiste tous les jours à des exactions répétitives et insuffisamment réprimées :
- Professeurs insultés
- Policiers caillassés
- Pompiers agressés
- Médecins molestés
- Œuvres d’art escamotées
- Élus violentés
- Écriture inclusive progressivement développée même si elle n’est pas reconnue par l’Académie Française et si elle est interdite dans l’administration.
- Politesse la plus élémentaire bafouée dans les lieux publics dont les transports publics
- Communautarisme enraciné dans des quartiers perdus de la République gangrenés par des trafics de drogue aux ramifications infinies
- Manifestations interdites par les Préfectures et pourtant réalisées sous l’œil le plus souvent bienveillant des forces de l’Ordre
- Décivilisation de notre pays
Pour cette qualification, nous citerons les déclarations off de notre Président de la République durant l’un des derniers conseils des ministres.
Il a associé les dernières violences avec un processus de décivilisation se traduisant par la multiplication des agressions de plus ou moins haute intensité, telles que décrites dans le paragraphe précédent (c’est son approche), mais que nous élargirons à l’effacement progressif de nos racines, notamment chrétiennes, du fait, mais pas seulement, du flux massif et continu de personnes immigrées qui imposent à la communauté, sous l’effet du nombre, ses modes de vie dans les lieux communautarisés (ou pas) avec l’appui non dissimulé des forces Progressistes islamophiles.
On notera dans ce contexte l’initiative heureuse et pertinente du sénateur Lerudulier qui s’apprête à déposer une proposition de loi au Sénat pour inscrire nos racines chrétiennes dans la constitution et ainsi sanctuariser nos traditions.
D’un autre côté, on ne soulignera pas avec le même bonheur la proposition du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, de supprimer de notre calendrier national toute référence à nos fêtes religieuses chrétiennes.
Nous sommes à un moment de bascule qui nécessite une analyse de fond de ce Progressisme expansif pour engager les actions nécessaires avant qu’il ne soit trop tard et que nos Racines et Valeurs ne soient effacées à jamais.
L’analyse dans le détail de la mise en œuvre de ce Progressisme réclamerait un long développement.
Aussi, nous vous proposons de l’aborder au travers du prisme de l’Éducation Nationale et de la Justice, deux des pierres angulaires de notre République, dont les orientations prises dans le passé nous semblent à l’origine des dérives civilisationnelles décrites ci-dessus.
NB : nous ne traiterons pas ici la problématique liée au contrôle de nos flux migratoires pour ne pas surcharger le texte, mais l’impact des flux d’immigration sur la Décivilisation progressive du pays, traité dans d’autres articles, nous semble patent.
- L’Éducation
Autrefois, on pensait communément (cf. les méthodes pédagogiques/ M.Debesse ; https://www.persee.fr/doc/bupsy_0007-4403_1963_num_16_223_9094) « que l’Éducation consistait à transmettre un certain savoir en vue d’assurer l’adaptation du jeune enfant au monde social dans lequel il était appelé à vivre. Dans cette perspective, une grande importance était attachée à l’enseignement, à la mémoire et la discipline ».
On faisait d’ailleurs à l’époque la distinction entre l’Éducation, sous responsabilité parentale, et l’Instruction, sous responsabilité de l’État.
Cette Instruction couvrait aussi bien les matières fondamentales (français, lecture et écriture, mathématiques) que les règles morales et l’Instruction civique.
Les niveaux d’Instruction étaient régulièrement évalués au travers d’examens jalonnant le parcours scolaire de l’élève, brevet et baccalauréat notamment, avec un réel niveau d’exigence.
Aujourd’hui, (cf. les mêmes références que ci-dessus), et en application d’un certain Progressisme, « la pédagogie s’attache beaucoup plus au libre épanouissement de la personnalité de chaque enfant, en reléguant à l’arrière-plan la préoccupation du savoir ».
La stratégie actuelle de l’Éducation Nationale est volontairement tournée vers la Quantité plus que vers la Qualité (90% de réussite pour le brevet des collèges et la baccalauréat) avec l’objectif d’accompagner les élèves le plus loin possible en les entourant d’une ambiance bienveillante.
Loin d’être un sanctuaire de l’enseignement des savoirs, l’École fait l’objet d’un entrisme de valeurs qui n’ont rien à y faire et qui menace ses fondations (wokisme, théories des genres, valeurs islamiques, …).
En conséquence de cette lente dégradation du processus d’Éducation, nous constatons malheureusement la chute dramatique des performances des élèves, notamment dans le domaine du Français et des Mathématiques et Physique, comme l’attestent les différentes évaluations nationales ou européennes sur le sujet, ainsi que la perte de toute référence morale et de règles de bonne conduite en communauté.
Le Progressisme assumé, insuffisamment balancé par un Conservatisme trop discret, couplé à une autorité parentale en berne, nous semble être le responsable principal de cette décrépitude et d’un effondrement de l’ensemble de nos Valeurs, si préjudiciable pour notre Société.
Un rééquilibrage sous la forme d’un Progressisme modéré et d’un Conservatisme régénéré, qui s’appuierait sur les bonnes « recettes d’antan » de l’Instruction et sur une présence parentale renforcée nous apparaît indispensable et prioritaire.
On méditera à cette fin cette affiche que l’on trouvait à l’entrée de chaque école … du temps de la Présidence du Général De Gaulle :

Ou alors en s’arrêtant sur cette dictée d’un écolier de 1941, après une leçon de morale et en évaluant la chute des acquis observée au fil du temps :

- La Justice
La stratégie judiciaire et carcérale a connu un véritable tournant au moment de l’intronisation en 2014 de Christiane Taubira à la responsabilité du ministère de la Justice.
Elle a notamment supprimé les peines planchers instaurées pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy et créé une nouvelle peine sans emprisonnement, la contrainte pénale, qui prévoit un suivi renforcé d’une personne condamnée pour « prévenir la récidive en favorisant son insertion ou sa réinsertion au sein de la société ».
Elle a affiché clairement sa volonté d’instaurer des solutions alternatives à l’emprisonnement, avec des mesures de semi-liberté, des bracelets électroniques ou la contrainte pénale, entrée en vigueur en octobre 2014.
Ces mesures, de nature sans conteste Progressistes, sont à l’origine aujourd’hui des déséquilibres flagrants constatés entre les droits des condamnés et la protection de la population.
La justice ne fait plus peur puisqu’au-delà des temps infinis pour traiter les dossiers, elle manifeste une incroyable complaisance, fruit d’une volonté de faciliter la réhabilitation et la réinsertion d’un condamné et d’une incapacité à emprisonner un individu faute de place en prison.
Et pourtant, d’autres politiques pénales en vigueur en Europe montrent leur efficacité.
Par exemple, aux Pays Bas les prisons se vident, et le gouvernement a fermé ces dernières années de nombreux établissements pénitentiaires.
Avec quelle recette miracle ?
Les Pays-Bas ont mis en place une politique pénale centrée sur la rapidité d’exécution et la certitude de la peine, inspirée des principes érigés par le philosophe Cesare Beccaria au 17ème siècle.
C’est sur la certitude de la peine et non sur sa sévérité que repose l’efficacité et l’effectivité de la justice.
Là encore, le Progressisme devrait s’effacer devant le Conservatisme en rééquilibrant leurs parts respectives, ce que nous sommes incapables de faire en France.
En conclusion :
Nous sommes à un point de bascule de notre Société, gouvernée par le courant Progressiste qui a largement pris le pas sur le courant Conservateur trop timoré ces 40 dernières années.
Il s’agit de rééquilibrer ces 2 courants de pensée en retenant de part et d’autre leurs meilleurs effets, ce que le sociologue Mathieu Bock Coté traduit ainsi : « Je crois qu’une société féconde politiquement est une société où Conservatisme et Progressisme parviennent à se parler … Une société a besoin d’enracinement, de Conservatisme et de Progressisme, d’autorité et de liberté ».
Courage politique et changement massif de logiciel nous permettront collectivement de redresser la barre.

J’adhère complètement à cet article remarquablement rédigé et qui, pour résumer poliment les choses, constate que la France, depuis environ quatre décennies, est orientée vers un nivellement général par le bas. On se demande quel intérêt en tirent les fossoyeurs de notre pays. Cela pourrait être un prochain sujet d’article…. peut être impossible car en étant intellectuellement honnête, on en viendrait forcément à faire des constatations évidentes sur certaines personnalités et sur les partis politiques auxquelles elles appartiennent…