Voici revenir le 1er mai, le temps du muguet et de la polémique sur l’interdiction du travail en ce jour chômé, notamment pour les boulangers et, grand paradoxe, les fleuristes. Précisons que l’interdiction concerne les salariés.
En 2025, les amendes infligées à quelques boulangers avaient conduit le chef de l’Etat à constater que le cadre actuel exposait inutilement certains professionnels à des sanctions et souhaiter plus de sécurité juridique.
Dans cette perspective, le texte de loi, adopté par le Sénat en seconde lecture le 10 avril 2026, arrive devant l’Assemblée nationale. (1)
Il s’agit, sur la base du volontariat (accord écrit) et d’une rémunération doublée, d’autoriser les salariés à travailler le 1er mai dans les secteurs suivant : établissements assurant la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate, commerces alimentaires au détail, vente de fleurs naturelles et établissements culturels. La grande distribution et certains magasins spécialisés demeurent exclus du dispositif.
Afin d’accélérer le parcours législatif et permettre la convocation d’une commission mixte paritaire entre députés et sénateurs, les députés « macronistes » ont adopté une motion de rejet préalable, l’objectif étant une mise en application pour le 1er mai 2026.
Enfer et damnation ! déchainement de la gauche brandissant la menace d’une motion de censure et des syndicats promettant un mouvement social de grande ampleur.
Les augures n’étant pas favorables, avec courage et détermination, tout le gouvernement a opéré un repli immédiat sous la bannière du 1er ministre….on verra ça en 2027 !
Quant à aux partis de gauches et aux syndicats, ils ont crié victoire pour avoir sauvé un acquis social inestimable !
Cet épisode, somme toute anecdotique, voire dérisoire, au regard du contexte international ou, tout simplement, des difficultés quotidiennes de chaque français, illustre parfaitement pourquoi l’Etat français est malade.
Un pouvoir impuissant, réduit à l’immobilisme et à expédier les affaires courantes, à la merci de syndicats dont la capacité de nuisance est inversement proportionnelle à leur représentativité effective (moins de 5% des salariés) (2) et d’une opposition à géométrie variable et opportuniste.
Des caisses vides et avec raison, après un « quoiqu’il en coûte » déraisonnable.
La dette est de 3 482,2 Md€ (3ème trimestre 2025), avec un montant annuel d’intérêts à rembourser entre 55 et 67 Mds€, le taux de croissance tourne autour de 1% mais a des chances de se dégrader face à la récession qui s’annonce si le conflit au Moyen Orient perdure.
Comment créer de la richesse avec un niveau de dépense publique parmi les plus élevés de la zone euro (57,2% du PIB en 2024), des dépenses sociales représentant 31,9% du PIB en 2024 (932 Mds€), 7,37% de chômeurs, un taux d’activité des personnes entre 15 et 64 ans de 74,5% en 2024,(3) 30 000 arrêts de travail par jour soit 18 milliards d’euros par an (une hausse de 45 % en six ans), 68 500 dépôts de bilan en 2025, 45% de prélèvements obligatoires, etc…
Face à l’ampleur de la tâche, le nettoyage des écuries d’Augias était une partie de plaisir.
Il est impératif d’assainir les finances et de libérer le travail (cf Axe 3 : Économie et souveraineté : assainir les finances, libérer le travail – Programme présidentiel proposé par VN « Pour une France libre et souveraine Pour une France libre et souveraine – Vox Nostra).
Concernant plus particulièrement les syndicats nous réitérons notre demande d’une commission d’enquête parlementaire sur la situation du syndicalisme en France et plus particulièrement son financement. Selon l’association Contribuables associés ce sont toujours 4 milliards d’euros d’argent public qui financent le syndicalisme français. En outre, dans la fonction publique 50 000 syndiqués sont détachés et payés pour exercer une activité syndicale alors que les services manquent de personnels sur le terrain (cf. notre article publié le 22 août 2023 dans la série Impôts, mais où va l’argent, les syndicats https://vox-nostra.org/impots-mais-ou-va-largent-8/).
Le financement des partis politiques représente également un coût non négligeable pour l’Etat et mérite également d’être mis sur la table. Ainsi, ces derniers recevront plus de 64 M€ en 2026 répartis en fonction du nombre de parlementaires rattachés à chaque parti à l’issue de l’élection législative de 2024.
Ce système de financement présenté comme un garde-fou démocratique est pernicieux. D’une part chaque contribuable finance des partis politiques qu’il ne soutient pas, d’autre part il favorise la multiplication des partis (environ 200 au début des années 2000, 652 en 2025), enfin cela déresponsabilise les candidats qui comptent sur le financement public et se fonctionnarisent dans la fonction politique.
Cette querelle du 1er mai, mise en perspective de ce qui précède, est décidément révélatrice de la déconnexion du monde politique.
Pour conclure, une suggestion, M. le Premier ministre, recommandez tout simplement à votre administration de ne pas verbaliser le 1er mai les boulangers et les fleuristes « en infraction » et l’affaire sera réglée.
1 Rejet en première lecture par l’Assemblée nationale le 3 juillet 2025.
2 Source DGFIP
3 Comparatif : 80,2% en Allemagne, 82,4% au Danemark, 85,5% Pays Bas.

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