Ce que personne ne vous dit
Droit de réponse libre en réaction à un article de France Info (Fabrice d’Almeida, 9 mai 2026).
Par un ancien collaborateur
Plus de trente ans au service du groupe.
(Expression à titre strictement personnel)
AVANT-PROPOS
J’ai lu l’article de France Info sur TotalEnergies. Quelques minutes suffisent. C’est d’ailleurs tout ce que ça mérite. Financé par l’argent public, il réduit un siècle d’histoire industrielle et humaine à une formule creuse : l’entreprise serait « ambiguë », oscillant entre « aimable société française » et « multinationale sans scrupule ». Voilà. C’est dit. Rideau.
J’ai travaillé chez Total pendant plus de trente ans. Permettez-moi de vous raconter l’autre histoire. La vraie. Celle des hommes et des femmes qui ont construit, risqué, innové, loin des plateaux de radio, au bout du monde, souvent dans des conditions que les donneurs de leçons n’imagineront jamais.
Ce document est structuré en deux temps : d’abord, la saga historique du groupe et le portrait de ses grands capitaines d’industrie ; ensuite, une synthèse de ce que TotalEnergies représente concrètement pour la France et pour le monde — des faits, rien que des faits, que chaque Français devrait connaître.
PARTIE I
La saga : Cent ans d’épopée industrielle
En 1924, la France sort saignée à blanc d’une guerre mondiale. Elle n’a pas une goutte de pétrole sur son sol. Et elle vient de comprendre, au fil des batailles, que le pétrole n’est plus un luxe : c’est l’oxygène de toute puissance moderne. C’est dans ce contexte que naît une décision d’État rare dans son audace.
Ce qui suit, c’est l’histoire d’une ambition nationale devenue réalité mondiale.
I.1 — La CFP : Naissance d’une souveraineté
1924 – 1954
Raymond Poincaré, alors président du Conseil, prend une décision qui aurait pu paraître folle : plutôt que de mendier une place à la table des Anglo-Saxons, la France créera sa propre compagnie pétrolière. De toutes pièces. Il mandate Ernest Mercier, polytechnicien brillant, avec une lettre de mission et une vision. Le 28 mars 1924 naît la Compagnie française des pétroles, la CFP.
Mercier n’a pas de puits. Pas de raffinerie. Pas de tankers. Mais il négocie l’entrée de la France dans la Turkish Petroleum Company, héritière des parts allemandes saisies après la Grande Guerre, 25 % du capital. Et le 15 octobre 1927, dans le désert de Mésopotamie, près de Kirkouk, la terre tremble : le pétrole jaillit à plus de 15 mètres de hauteur. Il faudra huit jours et 700 hommes pour maîtriser le flot. L’aventure commence.
« Ce n’est pas une entreprise qu’on crée. C’est une arme stratégique pour l’indépendance de la France. »
Dans les années 1930, Mercier crée la CFR, filiale de raffinage. En 1954, un nom simple, mémorable, universellement compréhensible est adopté pour la distribution grand public : Total. Ce nom dit tout : une compagnie qui ambitionne de couvrir l’ensemble de la chaîne, du sous-sol jusqu’au réservoir de votre voiture.
I.2 — Total : La construction silencieuse
1954 – 1990
Pendant trois décennies, Total grandit dans l’ombre de sa rivale d’État, Elf Aquitaine, plus chouchoutée par Paris. Total, elle, construit. Elle fore en Algérie, au Moyen-Orient, en mer du Nord. Elle apprend le métier de l’aval, du raffinage, de la distribution. Elle installe ses premières stations-service.
Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 secouent le monde, mais Total tient. Elle comprend avant d’autres que la volatilité des cours est une donnée permanente, pas un accident. La réponse : diversifier géographiquement, maîtriser toute la chaîne, ne jamais dépendre d’un seul marché.
En 1985, la CFP dans son ensemble adopte officiellement le nom Total. En 1993, après plusieurs cessions progressives, l’État se retire totalement du capital. Total est privatisée. Une page se tourne : la compagnie n’est plus un instrument de politique pétrolière française. Elle doit désormais se battre à armes égales face aux géants anglo-saxons Exxon, Shell, BP.
I.3 — Serge Tchuruk : Le sabreur
PDG 1990 – 1995
| Serge Tchuruk | PDG de Total 1990 – 1995Redresseur d’entreprises, ingénieur de formation, artisan de l’assainissement financier |
Serge Tchuruk n’est pas un homme de pétrole. C’est un chimiste, un restructureur, un homme qui a passé sa carrière à redresser des entreprises que tout le monde croyait condamnées. Quand il arrive à la tête de Total en 1990, il trouve une compagnie au bilan incertain, aux coûts mal maîtrisés, à la stratégie floue.
Sa méthode est chirurgicale. Il vend le siège d’Auteuil, ce palace du XVIe arrondissement, et installe Total à La Défense. Il coupe les garden parties de 4 000 cadres, symbole d’un entre-soi confortable qui n’a plus sa place dans un groupe en guerre concurrentielle. Il chasse les coûts sans états d’âme.
Mais Tchuruk fait plus que couper. Il assainit le bilan, réduit l’endettement, recentre l’entreprise sur ses métiers fondamentaux. Quand il quitte Total en 1995, appelé à la tête d’Alcatel-Alsthom, il laisse une entreprise financièrement saine, musclée, prête à bondir.
Tchuruk n’a pas bâti un empire. Il a rendu l’empire possible. Ce n’est pas rien.
I.4 — Thierry Desmarest : L’architecte du géant mondial
PDG 1995 – 2007
| Thierry Desmarest | PDG de Total 1995 – 2007Polytechnicien, ingénieur des Mines, surnommé « Le Petit Prince » l’homme qui a bâti le 4e groupe pétrolier mondial |
Si Tchuruk est le sabreur, Thierry Desmarest est le bâtisseur. Entré chez Total en 1981 comme directeur délégué de Total Algérie, il connaît l’entreprise de l’intérieur, dans sa chair, dans ses chantiers. Derrière l’apparence affable et le sourire mesuré se cache une volonté de fer et une vision stratégique d’une clarté redoutable.
Il prend la direction en 1995 avec une conviction : Total, second pétrolier français derrière Elf, n’a pas la taille critique pour survivre dans un monde qui se consolide à vitesse accélérée. La crise asiatique de 1998 fait chuter le baril. Exxon absorbe Mobil. BP avale Amoco. Le monde pétrolier se réorganise autour de mastodontes. Desmarest le comprend avant tout le monde.
Son coup d’éclat est double, foudroyant, et sans équivalent dans l’histoire industrielle française :
▸ 1999 : Total absorbe Petrofina, le géant belge de la pétrochimie, pour 12 milliards de dollars. L’opération est risquée, prime de 60 % sur le cours. TotalFina naît.
▸ Quelques mois plus tard, dans un geste d’audace sidérante, Desmarest lance une OPA hostile sur Elf Aquitaine, le fleuron d’État intouchable. Le 5 juillet 1999, l’offre tombe. Neuf semaines de bataille boursière. En novembre, Elf tend la main.
TotalFinaElf est née : 132 000 collaborateurs, 114 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 2,1 millions de barils par jour, quatrième groupe pétrolier mondial. La France dispose enfin d’un champion capable de regarder Exxon dans les yeux.
En 2003, le nom de combat est abandonné. Le groupe redevient simplement Total — symbole que la fusion est digérée, l’identité reconstituée. Desmarest aura aussi traversé des tempêtes : le naufrage de l’Erika, l’explosion d’AZF. Ces drames marquent son mandat, mais ils ne doivent pas faire oublier l’essentiel : en douze ans, il a transformé un groupe moyen en puissance mondiale.
« En réunissant Total, Fina et Elf, il est l’homme qui a bâti et fait de notre entreprise un fleuron français capable de rivaliser avec les supermajors du monde entier. »
I.5 — Christophe de Margerie : Le rebelle à la grande moustache
PDG 2007 – 2014
| Christophe de Margerie | PDG de Total 2007 – 2014Surnommé « Big Moustache » négociateur hors pair, franc-parleur, bâtisseur d’une réputation mondiale |
Si Desmarest était un stratège discret, Christophe de Margerie était un phénomène. Petit-fils de Pierre Taittinger, diplômé de l’ESCP, pas un Polytechnicien, fait rare à ce niveau, il entre chez Total en 1974 presque par hasard. Il ne repartira plus.
Il gravit les échelons non par les diplômes, mais par le caractère. Directeur général du Moyen-Orient en 1995, il s’impose dans une région où les négociations se jouent dans l’ombre, autour d’une table et d’un verre, avec des interlocuteurs qui lisent les hommes avant les chiffres. L’Ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine juge son sens de la diplomatie « au même niveau que les meilleurs du Quai d’Orsay ».
Nommé PDG en 2007, il ambitionne une chose simple et révolutionnaire : que Total, à défaut d’être aimé, soit écouté et respecté. Il monte sur tous les plateaux télé, engueule les élus quand ils confondent rente et investissement, défend les choix industriels sans langue de bois. Il proclame devant les parlementaires : « S’il y a un industriel en France, c’est Total. »
Sous sa direction, Total amorce sa première diversification vers le solaire avec le rachat de SunPower. Il comprend avant les autres que le pétrole ne durera pas éternellement, et qu’il vaut mieux préparer l’après que le subir.
Il disparaît le 20 octobre 2014, dans la nuit de Moscou, quand son Falcon 50 heurte une déneigeuse sur la piste de Vnoukovo. Il avait 63 ans. En 2017, un méthanier brise-glace porte son nom : le *Christophe de Margerie* sillonne les eaux arctiques. Il n’y a pas de meilleur symbole pour un homme qui ouvrait des routes là où d’autres voyaient des murs.
Christophe de Margerie, un patron unique : libre, courageux, et profondément convaincu que l’industrie est le vrai moteur de la France.
I.6 — Patrick Pouyanné : L’ingénieur qui refait le monde
PDG 2014 – aujourd’hui
| Patrick Pouyanné | PDG de TotalEnergies depuis 2014Polytechnicien, ingénieur des Mines, architecte de la stratégie multi-énergies et de la transition |
Le soir du 20 octobre 2014, quand la nouvelle du crash arrive, Patrick Pouyanné reçoit le coup de téléphone qu’aucun directeur ne veut jamais recevoir. Il est nommé directeur général le lendemain matin. Il a 51 ans. Il n’a pas demandé ce rôle de cette façon-là. Mais il est prêt.
Pouyanné n’a pas la flamboyance de de Margerie ni le coup d’éclat de Desmarest. Il a quelque chose de plus rare dans le monde des grandes entreprises : le courage intellectuel de dire la vérité. Quand il se présente devant le Sénat pour répondre aux questions sur la transition énergétique, il cite des chiffres, démontre des équations, recadre les approximations.
« Dans la transition énergétique, il n’y aura pas de grand soir. Faut pas rêver. » Patrick Pouyanné, devant le Sénat
Sa vision est celle d’un ingénieur qui a réfléchi au problème dans sa globalité : on ne peut pas abattre le système A, les hydrocarbures, sans avoir bâti le système B, les renouvelables. Détruire l’un avant d’avoir construit l’autre, c’est un saut dans le vide.
C’est lui qui, en 2021, change le nom du groupe en TotalEnergies, pas pour des raisons de communication, mais parce que la stratégie a fondamentalement changé. Le groupe vise le top 5 mondial de l’éolien et du solaire. Il a réduit de 18 % le contenu carbone de ses produits en dix ans. Et dans le même temps, il fournit le GNL qui a permis à l’Europe de survivre à la coupure du gaz russe après l’invasion de l’Ukraine.
Officier de la Légion d’honneur depuis 2024, il préside l’Association française des Entreprises pour l’Environnement et siège au conseil de l’École Polytechnique et de l’Institut du Monde Arabe. C’est un homme de son pays autant que de son groupe.
PARTIE II
La fierté française qu’on vous cache
Il y a en France une industrie particulière : celle du dénigrement de soi. Prendre ce que la nation a construit de mieux et le traîner dans la boue avec la satisfaction vertueuse de celui qui croit tenir la vérité morale du monde. TotalEnergies en est la cible favorite.
Voici les faits. Rien que les faits. Et laissez-les faire leur travail.
UN COLOSSE FRANÇAIS AU SERVICE DU MONDE
| 195,6 Mds €Chiffre d’affaires 2024 — N°1 absolu du CAC 40 |
4e Pétrolier mondial
Présent dans plus de 130 pays
| 41e rang mondialForbes Global 2000 Une entreprise française dans le top 50 planétaire |
| 102 000 collaborateursdans 130 pays portant le drapeau tricolore aux quatre coins du globe |
| 150 Mds €de capitalisation boursière 3e valeur du CAC 40 |
CE QUE TOTALENERGIES APPORTE CONCRÈTEMENT À LA FRANCE
Quand on parle de TotalEnergies, on parle rarement de ce qui touche directement la vie des Français. Voici donc ce que les plateaux de radio oublient de mentionner.
▸ 35 000 salariés en France, payés, formés, couverts. Des familles. Des enfants à l’école. Des impôts locaux, des commerces qui vivent autour des sites industriels.
▸ Plus de 2 milliards d’euros versés aux finances publiques françaises chaque année, impôts, taxes, cotisations sociales patronales. Et pendant le Covid, quand les raffineries perdaient plus d’un milliard d’euros, TotalEnergies n’a pas sollicité un seul euro d’aide de l’État.
▸ 8 milliards d’euros investis en France depuis 2020, dont près de la moitié dans la transition énergétique du territoire national.
▸ 6 milliards d’euros d’achats annuels auprès de fournisseurs français, des PME, des sous-traitants, des artisans industriels.
▸ 80 % des salariés français de TotalEnergies sont actionnaires de leur entreprise. La richesse créée est partagée, pas confisquée.
▸ 730 000 actionnaires individuels français au capital du groupe en 2025, 163 000 de plus qu’en 2023. Des Français ordinaires qui font confiance à cette entreprise.
▸ TotalEnergies a été le seul acteur à plafonner volontairement ses prix à 1,99 € le litre dans ses 3 400 stations-service françaises pendant toute l’année 2024. Sans y être obligé. Par choix.
CE QUE TOTALENERGIES APPORTE AU MONDE
TotalEnergies n’est pas seulement une entreprise française qui produit du pétrole. Elle est une puissance industrielle et technologique qui façonne l’énergie mondiale et donc la géopolitique planétaire.
▸ Quand la Russie coupe le robinet du gaz à l’Europe en 2022, ce sont les méthaniers de GNL, dont TotalEnergies est le 3e acteur mondial, qui évitent le blackout continental.
▸ En 2023, un accord de 27 milliards de dollars signé avec l’Irak, pétrole, gaz, renouvelables. Une présence française au cœur du Moyen-Orient que nul diplomate n’aurait obtenu seul.
▸ 35 % de 16,8 milliards de dollars investis dans les énergies bas-carbone en 2023. Objectif : top 5 mondial de l’éolien et du solaire.
▸ 331 000 tonnes de biocarburants produits. 60 000 points de recharge électrique dans le monde. 1 000 bornes ultra-rapides sur les autoroutes françaises, numéro 1 national.
▸ -18 % de contenu carbone des produits vendus en dix ans. Objectif : -25 % en 2030. Ce ne sont pas des promesses, ce sont des résultats mesurés.
QUATRE VÉRITÉS QUE L’IDÉOLOGIE REFUSE DE VOIR
Vérité n°1 : L’énergie est une nécessité vitale
Chaque matin, 8 milliards d’êtres humains ont besoin d’énergie. Pour cuisiner, se soigner, travailler, survivre. Cette énergie vient de quelque part. Autant que ce soit produite avec des standards techniques, environnementaux et sociaux parmi les plus élevés du monde.
Vérité n°2 : La transition prend du temps
On ne ferme pas une raffinerie, un réseau de distribution, une chaîne de production en claquant des doigts. Construire le monde de demain en détruisant celui d’aujourd’hui avant que le suivant soit prêt, c’est une recette pour le chaos social, le froid, et la pauvreté de masse.
Vérité n°3 : Si ce n’est pas Total, ce sera pire
On notera que les géants pétroliers Shell, BP, Exxon quittent le territoire français.
Si TotalEnergies disparaît, quelqu’un d’autre le fera. Saudi Aramco. Sinopec. Rosneft. Avec des standards incomparablement inférieurs sur la sécurité, l’environnement, les droits sociaux. Chasser une entreprise française responsable du jeu mondial n’améliore pas la planète d’un gramme.
Vérité n°4 : Le profit est la condition de la transition
TotalEnergies est une entreprise privée. Elle n’a pas à demander la permission de faire des bénéfices. Ses bénéfices sont la condition de ses investissements. Ses investissements sont la condition de la transition. La transition est la condition de l’avenir.
ÉPILOGUE : FIERTÉ, FIERTÉ ET ENCORE FIERTÉ
La France a construit au fil du siècle dernier des entreprises d’une envergure mondiale : Airbus dans le ciel, Air Liquide dans les gaz industriels, L’Oréal dans la beauté, LVMH dans le luxe. Et dans l’énergie : TotalEnergies.
Ces entreprises ne sont pas nées d’une idéologie. Elles sont nées du travail, de l’ambition, du risque assumé, de l’intelligence appliquée. De Mercier à Pouyanné, en passant par Tchuruk, Desmarest et de Margerie, des hommes ont pris des décisions difficiles, dans des contextes impossibles, face à des adversaires bien mieux armés. Et ils ont gagné.
La France devrait être fière de posséder ce groupe, qui emploie 100 000 collaborateurs dans le monde. Fière de ses ingénieurs qui forent à 3 000 mètres de profondeur. Fière de ses traders qui approvisionnent l’Europe en gaz quand les Russes coupent les vannes. Fière de ses équipes qui installent des panneaux solaires au Chili, des éoliennes en mer du Nord, des bornes de recharge sur les autoroutes françaises.
Fière, aussi, des 35 000 familles françaises dont le quotidien est construit autour de cette entreprise. Et des 730 000 épargnants français qui lui font confiance avec leurs économies.
Et au diable ce Total bashing initié, alimenté par des institutions, partis politiques, médias qui ne connaissent rien au contexte énergétique et qui n’ont qu’un objectif, celui de vilipender et détruire nos joyaux nationaux !

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