Protéger ceux qui protègent 

30 Juin 2025Institutions, Justice et Sécurité, Société0 commentaires

               l’exemple italien face à l’abandon français. 

Alors que la France est secouée par une insécurité galopante, ses forces de l’ordre sont de plus en plus déstabilisées, non par les seuls voyous qu’elles affrontent quotidiennement, mais aussi par l’appareil judiciaire censé les soutenir. L’affaire Nahel, où un policier tentant de faire cesser une infraction s’est retrouvé incarcéré quatre mois, avant d’être renvoyé aux assises pour meurtre, symbolise une dérive profondément inquiétante.

Dans un article publié le 10 septembre 2024 intitulé Paroles de Flic,  Vox Nostra donnait la parole à ces hommes et femmes en uniforme, souvent délaissés, parfois méprisés. 

Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin: affirmer la nécessité impérieuse d’une protection juridique claire et ferme pour ceux qui prennent chaque jour le risque de défendre nos libertés.

L’Italie, un État qui soutient ses policiers

Prenons exemple sur l’Italie. Chez nos voisins transalpins, les policiers ne sont pas systématiquement soupçonnés dès qu’ils utilisent la force. Ils bénéficient d’un véritable soutien politique, mais surtout d’un cadre juridique adapté aux réalités du terrain. Là-bas, lorsqu’un fonctionnaire de police agit pour faire respecter la loi, il n’est pas présumé coupable. Il est présumé légitime, sauf preuve manifeste du contraire.

Ce choix n’est pas anodin. Il signifie que la société italienne assume de soutenir ceux qui la défendent. En France, c’est l’inverse: le doute bénéficie trop souvent au délinquant. Et le policier, déjà soumis à la pression de l’action, doit en plus affronter le soupçon judiciaire, comme s’il était devenu le problème.

Une justice à deux vitesses : policiers exposés, d’autres protégés

Ce traitement inéquitable est d’autant plus choquant lorsqu’on le compare à d’autres professions pourtant elles aussi exposées. Les médecins, par exemple, sont protégés par la loi du 4 mars 2002. Cette loi encadre leur responsabilité et évite que chaque erreur devienne une affaire pénale. Pourquoi? Parce qu’on comprend qu’ils exercent une fonction délicate, où l’erreur, parfois tragique, peut être humaine.

Les magistrats, eux, bénéficient d’une impunité presque totale. Lorsqu’ils relâchent des multirécidivistes connus pour leur dangerosité — lesquels commettent ensuite de nouveaux crimes ou délits — ils ne sont jamais inquiétés, jamais sanctionnés. Pourtant, ces décisions ont des conséquences lourdes pour la société.

Pourquoi alors les policiers ne bénéficient-ils pas, eux aussi, d’un statut protecteur ? Pourquoi ceux qui prennent des décisions en une fraction de seconde sont-ils plus exposés que ceux qui les jugent des mois plus tard dans le confort de leur bureau ?

Une proposition concrète pour rétablir l’équité

Chez Vox Nostra, nous pensons que la République ne peut pas continuer à abandonner ses forces de l’ordre. Nous formulons donc trois propositions simples et concrètes :

Adopter une loi de protection fonctionnelle automatique et renforcée pour tout agent des forces de l’ordre mis en cause dans le cadre d’une intervention.

Instaurer une présomption de légitimité de l’usage de la force lorsqu’un policier agit dans le cadre de ses fonctions, sauf preuve manifeste d’abus.

Créer une véritable responsabilité encadrée pour les magistrats dont les décisions permettent à des individus manifestement dangereux de récidiver.

Il ne s’agit pas d’exiger une justice à deux vitesses. Il s’agit d’exiger une justice équitable, lucide, républicaine. Le ministre de l’Intérieur a parlé de « barbares » pour désigner ceux qui s’en prennent aux forces de l’ordre. Chiche! Protégeons enfin ceux qui nous protègent.

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