En 1949, George Orwell, de son vrai nom Eric Arthur Blair, écrivain et journaliste britannique, publie « 1984 ». 

Un roman dystopique décrivant un Etat totalitaire imaginaire, dirigé par le Parti sous l’autorité absolue d’un mystérieux Big Brother. La population est soumise à une manipulation du langage (la novlangue) et de l’information ainsi qu’à une surveillance constante et intrusive (caméras, micros) sous la direction de la Police de la Pensée, laquelle punit sévèrement toute déviance. L’histoire est réécrite au ministère de la Vérité, afin de coller au discours officiel. C’est d’ailleurs le travail du personnage principal du roman, Winston Smith, lequel connaîtra bien des déboires pour avoir remis en question le régime.

La clé de voûte du roman est une guerre perpétuelle avec un ennemi extérieur (réel ou inventé ?), utilisée comme outil de contrôle social en détournant l’attention des problèmes internes, en justifiant la répression et en fédérant, en quelque sorte, la population autour du pouvoir.

Ce roman apparaît aujourd’hui comme le miroir grossissant de certaines dérives de nos démocraties, ce qui devrait d’ores et déjà nous inquiéter.

« L’ennemi » comme levier de manipulation des populations

La Covid et le « nous sommes en guerre » d’Emmanuel Macron en est une parfaite illustration. Par peur d’un virus, toute une population a accepté de s’embastiller et de s’auto – autoriser à sortir. Les récalcitrants à la vaccination ont perdu leur emploi. La police a vu se multiplier les appels anonymes pour dénoncer les personnes qui auraient manqué aux mesures de confinement. Malheur aux membres du corps médical qui avaient un point de vue divergent. Même la science ne devait parler que d’une seule voix, celle du ministre de la Santé.

Ensuite il y a eu la guerre en Ukraine, laquelle a nettement favorisé la réélection d’Emmanuel Macron, à son corps défendant, par un repli frileux d’une partie de l’électorat considérant qu’il n’était pas prudent de changer de pilote dans une période annoncée de turbulences.

Aujourd’hui les deux dangers seraient la Russie et le FMI,(1) justifiant certaines décisions budgétaires plus ou moins contestables, mais là n’est pas notre sujet.

Aujourd’hui si, sur le papier, la liberté d’expression existe, il est évident que certaines opinions peuvent être socialement ou médiatiquement interdites, ce qui engendre de plus en plus souvent une autocensure.

Ainsi faire un lien entre immigration et délinquance devient une incitation à la haine. Au nom d’une certaine idéologie il conviendrait pour certains d’ignorer des faits de sociétés en les réduisant au rang de simples faits divers dont, finalement, il serait préférable de ne plus parler.

A ce titre une quarantaine de députés de gauche ont déposé, il y a quelques semaines, dans la loi sur la réforme de l’audiovisuel public, un amendement demandant « une réflexion éditoriale sur la place qu’occupent les faits divers dans la couverture de l’actualité. » Ils estiment que « le meurtre de Lola, à Paris en 2022, et celui de Thomas, à Crépol en 2023, ont été l’occasion de véritables campagnes de diffusion d’une sémantique racialisante de la part de représentants politiques, d’éditorialistes et de médias d’extrême droite ». Notons que les mêmes n’ont eu aucune difficulté à instrumentaliser la mort du jeune Nahel ou l’assassinat du jeune malien, Aboubakar Cissé dans une mosquée.

S’il est un projet que l’on peut qualifier d’orwellien, c’est bien celui d’Aurore Bergé qui envisage de financer une coalition d’associations en vue de repérer et dénoncer à l’Arcom la haine en ligne. Compte tenu du profil des associations pressenties, très à gauche, on peut facilement deviner quelles seront les idées dénoncées.

Le conformisme imposé par certaines idéologies dominantes dans les sphères médiatiques, politiques ou universitaires est un contrôle non officiel des idées.

Surveillance permanente et Manipulation de l’information

La surveillance numérique (via smartphones, réseaux sociaux, cookies, intelligence artificielle) permet à des entreprises et gouvernements de suivre nos moindres faits et gestes.

Aujourd’hui cette surveillance répond, officiellement, à des préoccupations sécuritaires ou commerciales, mais demain ? Il suffit de voir la Chine et son système de crédit social pour deviner la suite.

Concernant la manipulation de l’information, les « fake news » sont légion même au plus haut niveau. Rappelons-nous à titre d’exemple les Kevin et Matteo lors des émeutes de 2023 ou les supporters anglais accusés d’avoir provoqué des scènes de chaos au stade de France lors de la finale de la Ligue des champions en 2022.

De même, certaines campagnes publicitaires interrogent. Ainsi sur le site du ministère de l’Intérieur l’affiche de campagne contre les rodéos urbains est plutôt en décalage au regard de la réalité, jugez par vous-mêmes.

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Constat identique pour les campagnes de la RATP notamment contre les incivilités où les personnages représentés sur les affiches n’ont rien de commun avec le quotidien des franciliens, mais nous sommes dans le politiquement correct donc, par définition, aux antipodes de la réalité.

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Mais rassurons-nous la France n’a pas le monopole de ce type d’exercice.

En Allemagne, pays où a été passé quasiment sous silence une centaine d’agressions sexuelles par des migrants, à Cologne le 31 décembre 2015, pour sensibiliser les enfants et adolescents au harcèlement sexuel, une piscine en plein air de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a lancé une campagne d’information baptisée « Eté-soleil-sécurité », campagne très controversée car les agresseurs sont systématiquement blancs.

Sur l’une des affiches, on voit même une femme blanche toucher les fesses d’un petit garçon noir portant une prothèse à la jambe, avec ce slogan : « Stop ! Interdiction de toucher !». Il est bien connu que les femmes sont fortement représentées parmi les pédophiles ! Sur une autre affiche, un homme blanc force la porte du vestiaire dans lequel une femme noire est en train de se changer.

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La manipulation des esprits passe aussi par la langue. Dans le monde imaginé par Orwel, la novlangue se caractérise par une réduction lexicale (moins de mots donc moins de concepts et moins de pensée), un langage binaire sans nuance (vrai /faux) et une grammaire simplifiée (tous les verbes se conjuguent de la même façon, les adjectifs et adverbes sont formés par des suffixes réguliers). 

Si un mot n’existe pas, l’idée qu’il représente devient impensable.

Il suffit de voir l’effondrement du niveau scolaire en France, notamment concernant la lecture et la compréhension des textes, pour se situer par rapport à ce qui précède et imaginer la société de demain.

Réécriture de l’Histoire

Les déboulonnages de statues, la modification des programmes d’histoire afin d’effacer les pages glorieuses au profit d’une vision critique et culpabilisante, le « nettoyage éthique » de certains textes (suppression de passages jugés offensants) sont autant d’exemples d’une vision idéologique et moralisatrice du passé et non plus objective et scientifique.

Même l’actualité, l’Histoire de demain, n’y échappe pas, du moins chez certains. C’est ainsi que des terroristes responsables de morts sont considérés comme des résistants, des blacks blocs méritent le respect et la légion d’honneur,(2) l’Algérie, Cuba et le Nicaragua « portent la voix des droits de l’homme »,(3) l’Algérie étant de plus pour d’autre, la Mecque des révolutionnaires et de la liberté. (4)

Quant à la France, nous avons appris de la bouche d’Emmanuel Macron qu’il n’y a pas de culture française. Selon Jean-Luc Mélenchon la langue française doit être rebaptisée car elle n’appartiendrait plus au peuple français. Et pour M. Mathieu Kassovitz il n’y aurait plus de français de souche, et c’est tant mieux s’agissant d’un peuple raciste.

Nous n’avons en réalité fait qu’effleurer le sujet, mais à la lumière de ces quelques exemples, il est clair que la dystopie d’hier risque d’être la triste réalité de demain, tous les ingrédients sont là.

Il serait temps de se réveiller !

1-Fonds monétaire international

2- Sandrine Rousseau sur le plateau de BFMTV

3-Gabrielle Cathala, chaîne YouTube « l’insoumission »
4-Rima Hassan sur son compte X.

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