Préserver l’environnement, se préparer au changement climatique, lutter contre la pollution, sont des causes tout à fait honorables sauf lorsqu’en leur nom on privilégie l’idéologie au détriment du réel et des individus, avec des dégâts collatéraux conséquents.
La Californie, Etat 100% démocrate donc progressiste, vient d’être dévastée par des incendies apocalyptiques ayant entrainé des morts, des milliers de personnes évacuées et des habitations détruites. La plupart des médias se sont focalisés sur le responsable à savoir, selon eux, le réchauffement climatique. Ce que peu de journalistes ont évoqué ce sont certains éléments déterminants (1) quant à l’ampleur du phénomène. Pour illustrer notre propos, au-delà de l’absence de moyens, du manque d’anticipation et d’organisation frisant l’incompétence, nous en citerons deux. Une nature abondante et sèche,(2) sans aucun débroussaillage. En effet, les campagnes de débroussaillages ont été suspendues par le gouverneur pour des raisons écologiques (« préserver la nature » et l’habitat des créatures à poils et à plumes des canyons de Los Angeles). Le réservoir de 444 millions de litres d’eau de Santa Ynez, dans le quartier de Pacific Palisades, vide depuis un an (victime de la lutte anti -bassine ?).
Le pire c’est que face aux risques d’incendies les compagnies d’assurance avaient en 2024 soit augmenté les cotisations de 40 à 80%, soit restreint la couverture (exclusion des risques incendies) soit purement et simplement suspendu les contrats.
Le résultat c’est que ce sont les moins fortunés, n’ayant plus les moyens de s’assurer, qui ont tout perdu.
En France, depuis le 1er janvier, les villes de plus de 150.000 habitants doivent mettre en place des « ZFE », ou zones à faibles émissions, dans lesquelles les véhicules considérés comme polluants sont soumis à une interdiction de circulation. Dans certaines grandes agglomérations qui se veulent exemplaires ou qui sont sous la bannière d’écologistes plus verts que verts, ce sont seulement les véhicules ayant droit aux vignettes Crit’Air 1 et 2 qui ont droit de cité. Cela revient à empêcher environ 21 % du parc automobile de circuler en ville. (3)
Une fois de plus ce sont les moins fortunés qui se trouvent pénalisés, ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir une voiture neuve. Comment se rendre à son travail en centre-ville, conduire les enfants au collège ou pour leurs loisirs, aller consulter un médecin ou simplement faire ses courses. Des populations (entre 20 et 30 millions de personnes) se voient limitées à la périphérie ce qui, en outre, va être préjudiciable aux commerces de proximité tout en favorisant les grandes enseignes de distribution.
Désormais ZFE signifie « Zones à forte exclusion ». Rassurez-vous il sera possible d’obtenir ponctuellement une dérogation. Ainsi que le dit avec humour l’écrivain Alexandre Jardin :(4) « on a mis en place une sorte de « passe gueux », de manière à ce que les classes moyennes et populaires, qui ne peuvent pas s’acheter de voiture neuve, ont le droit de solliciter une dérogation pour s’infiltrer dans les centres-villes cossus quelques fois dans l’année ».
Autre exemple, depuis le 1er janvier, les logements classés « G » pour leurs déperditions énergétiques ne peuvent plus être loués. Une fois de plus ce sont ceux qui n’ont pas les moyens financiers d’entreprendre les travaux d’isolation coûteux, souvent des retraités, qui seront pénalisés : perte de revenu tout en continuant à assumer toutes les charges.
Là encore, seules les personnes ayant des moyens financiers conséquents pourront s’aligner sur la réglementation.
Dernier exemple, le tout électrique en matière automobile d’ici 2035. Le 14 février 2023, Karima Delli, présidente de la commission du transport et du tourisme du Parlement européen a tweeté : « C’est historique ! L’industrie automobile doit sortir des énergies fossiles. Le Parlement européen vote la fin de la vente des voitures neuves essence, diesel et hybride d’ici 2035. C’est un signal clair envoyé à l’industrie ». C’est aussi un message très clair en direction des habitants de la France périphérique et rurale, lesquels y verront sans doute un moyen supplémentaire de les assigner à résidence et de les discriminer.
Et méfions-nous des messages envoyés à l’industrie ! Celui qui a été adressé à notre industrie nucléaire il y a plusieurs années sur son obsolescence programmée a débouché sur des centrales peu entretenues, une perte de savoir faire (alors que la France était très en avance) donc un retard en la matière et une perte de souveraineté énergétique, avec quelle conséquence ? une explosion des prix de l’électricité (soumis à la règlementation européenne) au moment du conflit ukrainien et des centrales partiellement à l’arrêt faute d’entretien. Quelles ont été les principales victimes ? les petits commerçants, les petites entreprises et les particuliers les moins riches qui ont souvent renoncé à se chauffer.
Ces quelques exemples démontrent à quel point l’écologie idéologique est une politique de classe excluant les moins riches, les gueux, tout en se prétendant de gauche.
En France, le but est de réduire de moitié les émissions de CO2 (gaz carbonique) de notre pays, lequel représente environ 1% de la population mondiale et émet 0,9% du CO2 planétaire. Il est évident que les sujétions imposées aux français sont totalement disproportionnées et injustes, non seulement par rapport à l’objectif mais également au regard de l’impact, dérisoire, à l’échelle de la planète.
L’idéologie est dangereuse lorsqu’elle s’exonère du réel lequel finit toujours, à plus ou moins long terme, par s’imposer. Au lieu d’organiser une « résistance de salon » à un fascisme fantasmé venu d’outre atlantique, certains devraient plutôt réfléchir sérieusement aux raisons du revers électoral des démocrates. Il est possible que « beauf-land » et « plouc-land », pour reprendre les mots injurieux de l’économiste socialiste Pierre Rondeau, (5) se soient révoltés (?).
Il est urgent de suspendre ces dispositions à prétention écologique, lesquelles sont discriminatoires et inefficaces : ZFE, DPE, tout électrique pour l’automobile en 2035.
1- Voir IREF Les feux de Los Angeles révèlent la faillite du « progressisme (22 janvier 2025)
2-En 2022 et 2023, des quantités record de pluie se sont abattues sur le sud californien, d’où une végétation luxuriante. Cette période a été suivie d’une absence totale de pluie à partir d’avril 2024.
3-Source Boulevard Voltaire 11 janvier 2025
4-Valeurs Actuelles 20 janvier 2025
5-Le 22 janvier 2025, sur le plateau d’Estelle Midi sur RMC, l’économiste Pierre Rondeau a déclaré :« Le Puy du Fou, c’est lorsque beauf-land rencontre plouc-land au croisement d’une bibliothèque et ils ont le sentiment de s’instruire ».

0 commentaires