En mars 2024, Vox Nostra publiait un article intitulé « La post-démocratie ou la tentation liberticide ». Nous y constations que contrairement à l’article 2 de notre Constitution selon lequel la République française repose sur un principe intangible, à savoir le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, le pouvoir appartient en réalité à des oligarchies (hauts fonctionnaires, magistrats, lobbies financiers, ONG, médias pro-gouvernementaux), lesquelles s’exonèrent de l’avis du peuple. (1)
A titre d’exemple, à la suite de la dissolution, par Emmanuel Macron, de l’Assemblée Nationale en raison de l’échec du camp présidentiel face au Rassemblement National arrivé en tête, le syndicat de la magistrature a publié, le mardi 11 juin, un communiqué de presse appelant ses adhérents à se mobiliser et participer aux mouvements « contre l’extrême droite ».
Il ajoute qu’il « prendra part aux mouvements collectifs d’union et de résistance« , et aux « manifestations organisées dans les jours qui viennent partout en France » (voir notre article : Le syndicat de la magistrature, carton rouge !). (2)
Le 14 juin, dans une pétition dénonçant l’extrême droite, des fonctionnaires de l’Éducation nationale ont affirmé qu’ils refuseraient d’obéir aux directives du RN en cas d’arrivée au pouvoir. Faisant un procès d’intention à ce parti, ils précisent qu’ils n’appliqueront pas des mesures qui contreviendraient aux valeurs de la République. Quelles seraient les mesures en question ? Nul ne le sait, y compris sans doute les signataires puisqu’à cette date le programme du RN, notamment pour l’Education nationale, n’était pas connu.
Depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale et la possible accession du RN aux affaires, les manifestations se multiplient : associations, ONG, syndicats, collectifs, organisations telles qu’Emmaüs, Oxfam, Greenpeace, LDH, Attac…
Ceux-là mêmes qui ont été plutôt absents des manifestations contre l’antisémitisme. Mais il est vrai qu’un changement radical de gouvernance susceptible de remettre en question leurs financements les intéresse à l’évidence davantage.
Bien entendu se multiplient les appels à la « désobéissance civique » voire à des manifestations, en cas de majorité absolue du RN à l’Assemblée nationale.
Et voilà bien ce qui est inquiétant car où est la démocratie dans tout ça ?
Rappelons que la démocratie est un régime politique où le pouvoir est détenu par le peuple, ce qui en France d’une part, implique un passage par les urnes et non par la rue, d’autre part signifie que la minorité accepte de se soumettre à la majorité.
Le non-respect de ces principes se nomme insurrection, coup d’Etat ou totalitarisme, au choix.
En démocratie il est tout à fait légitime et sain de confronter les idées et les projets, de les défendre, éventuellement de se prétendre le seul défenseur des valeurs de la République (à définir !) voire le dernier rempart contre une « extrême droite » plus fantasmée d’ailleurs que réelle et dont la plupart sont incapables de donner une définition claire.
Mais, une fois que le peuple a décidé, on accepte le verdict des urnes, voilà ce qu’est la démocratie.
Au cas particulier des élections législatives, quel que soit le résultat, nous en appelons à la responsabilité, notamment des politiques et des syndicats, afin d’éviter d’aggraver, par des mouvements contestataires, la situation économique du pays.
1-La Post-démocratie ou la tentation liberticide – Vox Nostra (vox-nostra.fr)
2-Le syndicat de la magistrature, carton rouge ! – Vox Nostra (vox-nostra.fr)

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