Le 7 décembre la cathédrale Notre- Dame de Paris a été remise par son propriétaire, l’Etat, à l’église catholique. A cette occasion, tous ceux qui ont suivi la cérémonie de réouverture, ont pu admirer la splendeur retrouvée de cet édifice ravagé par les flammes le 15 avril 2019.
Comment en un peu plus de 5 ans, ce que certains considéraient comme un pari impossible, cela a-t-il été possible ?
Un article publié le 7 décembre dans le journal Les Echos (1) rappelle les cinq clés de cette réussite :
- Un objectif clair et ferme : « pour arriver quelque part, il vaut mieux savoir où on va et à quelle heure on est attendu », déclare ainsi Philippe Jost, à la tête de l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
- Un financement rapidement assuré : 846 millions d’euros ont été collectés auprès de 340.000 donateurs.
- Une organisation et un management en mode commando : un établissement public a été spécifiquement créé avec à sa tête, dès le 17 avril 2019, le général Jean-Louis Georgelin, (2) ancien chef d’Etat-Major, chargé de veiller à l’avancement des procédures et des travaux qui seront engagés.
- Le recours au numérique : « « Un vrai défi a été d’organiser la coactivité et de faire coordonner une grande diversité de travaux simultanément, dans le temps et l’espace », souligne le président de l’établissement public ».
- Un savoir – faire français dans les métiers de l’art : « la réussite de cette opération hors-norme est le fruit de l’union sacrée de quelque 250 entreprises, dont une grande majorité de TPE et PME, si représentatives de l’artisanat de l’art français. Union sacrée car le choix de l’allotissement de marchés de travaux a donné lieu au rapprochement de sociétés, d’habitude concurrentes, afin de pouvoir relever le défi ».
Tout ceci a été rendu possible par la promulgation de la loi n° 2019-803 du 29 juillet 2019, (3) créant l’établissement public ayant pour mission d’assurer la conduite, la coordination et la réalisation des études et des opérations concourant à la conservation et à la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, instituant une souscription nationale à cet effet et surtout permettant la suspension exceptionnelle de la plupart des obligations règlementaires.
En résumé avec un objectif clair, une volonté, des moyens adaptés, un savoir- faire et en s’exonérant d’une partie du millefeuille de normes, tout est possible.
Cet exemple particulièrement emblématique est à mettre en miroir avec le spectacle offert par nos politiques ces derniers mois et plus particulièrement ces dernières semaines :
- Incapables de raisonner en termes de libération de l’économie et des savoir-faire (baisser les prélèvements et diminuer les dépenses en ramenant l’Etat sur des missions purement régaliennes, alléger les carcans administratifs) ;
- Incapables de se mettre d’accord sur des quelques objectifs communs pour redresser notre pays ;
- Incapables de s’élever un minimum au-dessus des intérêts partisans, préoccupés davantage par le calendrier électoral et leurs propres intérêts que par le sort des Français et l’avenir de notre pays. D’ailleurs un sondage Ipsos publié le 2 décembre indique que 83% des personnes interrogées considèrent que les hommes et femmes politiques agissent principalement pour leurs intérêts personnels.
Retenons, avec l’exemple de Notre-Dame, que rien n’est impossible, là où il y a une volonté, il y a un chemin.
1-Réouverture de Notre-Dame : les cinq clés de la réussite d’un audacieux pari | Les Echos
2-Décédé le 18 août 2023. C’est son adjoint, Philippe JOST, qui prend la relève.

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