À la suite des dernières élections, nous sommes en droit de nous demander si les Français sont devenus si ignorants ? Voter contre un candidat revient à voter pour un autre. La différence de point de vue est équivalente au verre à moitié plein ou moitié vide. Factuellement, le contenu représente la moitié du contenant. 

En 2017, Aymeric Caron avait proposé un permis de voter. « Je propose qu’on instaure un permis de voter, exactement comme il y a un permis de conduire. Et qu’ensuite, à chaque élection, on s’assure que les connaissances liées à l’enjeu du moment sont bien maîtrisées, grâce à ce que j’appelle une clé de vote, où là à chaque fois, on répondrait à un petit QCM qui vérifie que vous avez bien les connaissances ».

Le terme d’eugénisme citoyen a été invoqué par une journaliste. Ridicule et inapproprié car les conséquences de l’ignorance sont désastreuses pour notre démocratie. Liberté Égalité Fraternité, nos valeurs sont mises à mal depuis des décennies sous le regard hébété d’une population inégalitaire, emprisonnée et avec des fraternités, et non plus une fraternité, fondées par différents groupes sociaux. Cette devise inscrite dans les constitutions de 1946 et 1958 ne sont que des idéologies qui n’ont plus aucun sens en 2024.

Wikipédia, dans sa définition de la démocratie indique une distinction entre peuple et citoyen, en précisant que tous les membres d’un peuple ne sont pas des citoyens. Un citoyen est un individu considéré du point de vue de ses droits politiques et également qui fait preuve d’esprit civique. Pendant la Révolution française le certificat de civisme attestait que son détenteur avait rempli ses devoirs civiques, c’était une attestation de bonne conduite. Pour l’obtenir il fallait la demander au Conseil général de son département, s’acquitter d’un impôt municipal et prêter serment de fidélité aux principes de la convention devant un représentant municipal ou départemental. Il fut supprimé en 1795. 

Bien que cette période de l’histoire soit derrière nous, connue sous le nom de Terreur, il n’en reste pas moins qu’elle est revenue dans notre pays, sous une forme différente, et ne fait que s’amplifier depuis les années 1980. Fusillades sur des civils, meurtres de policiers et gendarmes, laxisme de la justice, niveaux d’instruction et d’éducation de plus en plus bas, incapacité de l’Etat à protéger ses citoyens, la liste est longue et tend à se rallonger au fil des gouvernements mis en place par des Français anesthésiés, alternance de gauche et droite, sans réelle volonté de changer les choses, de bouger les lignes, afin que les valeurs de notre pays reprennent du sens et que chacun retrouve sa place. 

En 2022, Nathan Devers écrivait dans un éditorial consacré à ce sujet (1) : « Dans son célèbre discours de Bordeaux prononcé en 1871, Gambetta revenait sur un curieux paradoxe dont l’Histoire de France a le secret: alors que la République venait d’être rétablie, la première élection législative accorda une majorité aux candidats monarchistes. Comment le vote pouvait- il être l’organe de l’anti- démocratie ? Stupéfait par une telle contradiction, et persuadé que le rapport au savoir était en cause, Gambetta lança alors un refrain que les décennies suivantes reprendraient à leur compte: « Nous n’avons qu’une seule tâche, instruire le peuple. » ».

Alors nous sommes d’accord sur le fait que voter est un droit acquis, mais que le devoir de voter en toutes connaissances de cause devrait être réinstauré et donner lieu à un permis de voter, un certificat d’aptitude,(2) de savoirs nécessaires afin de voter pour le bien commun et non pour les intérêts de quelques-uns. 

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