Lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 5 juillet 2023, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a déclaré « on essaie de représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit ».
Le 28 mars 2024, le Figaro publiait un entretien avec Adèle Van Reeth, directrice de France Inter, dans lequel, à la question « trop à gauche France Inter ? », celle-ci répondait : « Le fait, c’est que nous sommes une radio progressiste, et nous l’assumons ».
Selon le dictionnaire de l’Académie française, le progressiste croit au progrès de l’humanité et veut réformer en profondeur la société au nom de l’égalité et de la justice sociale. Une formule qui s’applique parfaitement au communisme sous l’angle de ses aspirations égalitaires et sa volonté de réformer profondément la société. Mme Van Reeth revendique donc bien pour France Inter un positionnement à gauche.
D’une manière générale, est-ce le rôle des médias d’œuvrer pour changer la société, d’être au service d’une idéologie, quelle qu’elle soit ? non, la mission de tout média, public ou privé, est d’informer objectivement autrement dit dire la vérité dans son intégralité. Changer la société incombe, en démocratie, à tous les citoyens par l’expression du suffrage universel.

Plus particulièrement, ces prises de positions, lesquelles correspondent parfaitement à la ligne éditoriale de ces médias, ne poseraient quasiment aucun problème s’il s’agissait de médias privés, or ce n’est pas le cas.
En effet, France Télévision ainsi que Radio France (dont fait partie France inter) sont des services publics financés par les contribuables français, lesquels sont donc en droit d’attendre de ces médias une neutralité idéologique.
Pour mémoire, dans le projet de loi de finances pour 2024, le secteur des médias publics bénéficie d’une augmentation de 6% soit un crédit total de 4,025 milliards d’euros.
La neutralité idéologique implique le respect du pluralisme. L’article 13 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication dispose que, hors période électorale, « l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique assure le respect de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion dans les programmes des services de radio et de télévision, en particulier pour les émissions d’information politique et générale. ».
Parmi les critères retenus figurent les scores réalisés aux élections, le nombre d’élus obtenus mais aussi les indications fournis par les sondages d’opinion.
France télévisions a publié les chiffres de la répartition des temps de paroles politiques pour le quatrième trimestre 2023 (France2, France 3, France 5 et Franceinfo). Le temps d’antenne accordé à Renaissance et ses alliés (Horizons, MoDem, Territoires de progrès) va de 49,61 % (France 2) à 58,14% (France 3). LFI, PS, RN, PCF et LR sont loin derrière avec chacun mois de 9% de temps d’antenne.
Pour mémoire, l’alliance « Ensemble » avait obtenu 25,80% des suffrages exprimés au premier tour des législatives de 2022. Autrement dit, le service public est loin d’être le miroir du paysage politique français et encore moins s’agissant de la société elle-même.
Face à ce constat, dans un paysage audiovisuel riche et varié, à choix multiples, dans une période de frugalité budgétaire, se pose la question du maintien d’un audiovisuel public tel qu’il existe aujourd’hui. Selon l’IREF,(1) « en 2021 et 2022 (derniers chiffres disponibles) les dix programmes les plus regardés l’ont été sur des chaînes privées. En 2007, France Télévisons avait 35,9% de part d’audience. En 2020, c’était 28,9%. Une baisse de 19,5% alors que le financement a augmenté de 32% sur la même période (presque deux fois plus que l’inflation) ».
Nous proposons de réduire drastiquement le paysage audiovisuel public, notamment en se limitant à une seule chaîne télévisée, voilà une bonne source d’économie, France télévision pesant 2,52 Mds € dans le budget audiovisuel.
1-Institut de Recherches Économiques et Fiscales

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