Le dimanche 31 août, dans un entretien, à la question de la responsabilité de son parti dans le vote de budgets déficitaires depuis près de 40 ans, le Premier ministre a répondu que cela correspondait à la demande des Français. En d’autres termes, les premiers responsables de la dette abyssale de la France sont les Français eux-mêmes.
Est-ce exact ?
La France se distingue par une tradition d’État interventionniste, un État providence, garant de la protection sociale, de la sécurité, de l’éducation, de la santé, de la culture et de l’emploi. Les Français sont attachés à ce modèle social et toute remise en cause suscite très souvent de vives oppositions (ex : réforme du régime des retraites, de l’assurance – chômage ou de la fonction publique). Dès qu’il y a un problème majeur dans le pays, on se tourne vers l’État.
Or, lorsque la croissance ralentit et que les dépenses sociales, d’éducation ou d’infrastructures augmentent, dépassant les recettes, le recours à l’emprunt est inévitable. C’est ce qui s’est passé depuis 1974 jusqu’à aujourd’hui, avec une dette publique représentant plus de 110 % du produit intérieur brut (PIB).
Ajoutons à ces attentes collectives les comportements individuels visant à maximiser des intérêts particuliers : fraudes fiscales et sociales, demandes à bénéficier d’avantages particuliers (niches fiscales, baisses d’impôts, exemptions, etc.). Ces phénomènes, qui concernent l’ensemble de la société et pas seulement les hauts revenus ou les grandes entreprises, concourent à la baisse des recettes publiques et à l’aggravation du déficit.
Si les comportements individuels en matière d’impôts, de fraude ou de solidarité sociales jouent sur le niveau des recettes de l’État, les choix électoraux vont traduire les préférences pour des politiques de dépense ou de rigueur mais sous une réserve, et non des moindres, que ces choix se fassent de manière éclairée.
Or, il est de la responsabilité des élus de sensibiliser les Français aux enjeux budgétaires dans un contexte de concurrence économique mondiale à armes inégales. La dette est perçue par le citoyen comme un problème abstrait et lointain.
Faute ou une stratégie ? La question mérite d’être posée car, en définitive, cette indifférence de l’électorat aux enjeux budgétaires a permis aux élus la garantie d’un avenir bien rémunéré en promettant de raser gratis, les rares lanceurs d’alerte étant relégués au rang de cassandres inaudibles.
Et voilà qu’aujourd’hui, en raison du caractère démesuré de l’endettement détenu en grande partie par l’Etranger, on ne peut plus nier l’évidence et on cherche un responsable.
Nous laisserons nos lecteurs trancher la question en leur âme et conscience. Toutefois, si les Français ont effectivement plébiscité l’État providence et voté en conséquence, nous ferons observer qu’il est de la responsabilité des politiques, une fois élus, de faire des choix budgétaires et de mettre en œuvre des politiques qui ne conduisent pas un pays à sa ruine. Cela implique, compétence, lucidité et courage, mais n’est pas Homme d’État qui veut.

Très bon article qui résume à la fois la situation malheureuse dans laquelle notre pays se trouve, et la « mentalité collective » que l’on pourrait résumer par un mot : l’égoïsme. « Tout le monde doit faire des efforts, en premier lieu l’Etat, tous les Français aussi, mais pas moi, j’en fais assez! » Tel est l’état d’esprit de nombreux Français, plus tournés vers leur nombril que vers le bien collectif. C’est pour cela que les politiciens hypocrites qui connaissent très bien la situation économique véritable du pays, font des propositions insensées (la baisse de l’âge de la retraite, la réduction du temps de travail. hebdomadaire etc…), tout cela bien entendu, dans un but électoraliste. Il est grand temps de quitter la civilisation des loisirs dans laquelle nous vivons, ou essayons de vivre, pour revenir à la civilisation du travail que nous avons connue il y a quelques décennies, sinon ce sont nos enfants et petits enfants qui vont le payer. Qui se sent le « courage » de continuer ainsi ?