Le terme « démocratie » vient du grec « démos » (le peuple) et « kratia » (gouverner). La démocratie est donc un régime politique où le pouvoir est détenu par le peuple.
La République française repose sur un principe intangible et très clair : « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » (article 2 de notre Constitution).
Il est de plus en plus évident que nous en sommes très loin. En France, comme dans l’ensemble de l’occident, le pouvoir appartient à des oligarchies (hauts fonctionnaires, magistrats, ONG, lobbies financiers, médias pro- gouvernementaux), lesquelles s’exonèrent de l’avis du peuple, par définition ignorant voire dangereux.
Un exemple emblématique est le référendum du 29 mai 2005 au terme duquel les Français ont rejeté à 55% le traité européen, pourtant plébiscité par quasiment tous les médias et la classe dirigeante. Deux ans après les dirigeants européens signent le 13 décembre 2007 le traité dit de Lisbonne, lequel conserve l’essence du projet constitutionnel, ce dont se félicitera la chancelière allemande Angela Merkel.
Depuis tout le monde s’est bien gardé de consulter les citoyens sur les grandes orientations politiques tant au niveau national qu’européen. Le peuple n’ayant plus son mot à dire sur ces grandes orientations, l’abstention et le vote « eurosceptique » tendent à devenir majoritaires. Dès ce moment certains observateurs ont considéré que l’Europe était entrée dans une ère post-démocratique.
Autre exemple, le Conseil constitutionnel. Dans le texte initial de la Constitution, son rôle était essentiellement de faire respecter la répartition des compétences entre le pouvoir législatif et le pouvoir règlementaire. Dans une décision du 16 juillet 1971 relative à la liberté d’association, il a lui-même étendu son contrôle de conformité au « bloc de constitutionnalité » c’est- à- dire à un ensemble de normes et de principes afférents à ce qu’il considère comme des droits fondamentaux. Ce qui, accessoirement, nous a fait passer d’un Etat de droit à un Etat des droits individuels.
A l’évidence, lorsque nous parlons de droits fondamentaux, nous sommes par définition dans des notions très larges et très subjectives. Ceci est d’autant plus préoccupant que ce sont d’anciens présidents et premiers ministres qui composent les cours constitutionnelles. En vertu de pouvoirs d’appréciation qu’il s’est octroyé au fil du temps, le Conseil constitutionnel peut donc invalider les décisions d’élus du peuple. A ce titre, par décision du 25 janvier 2024, il a invalidé « pour non-conformité » une partie non négligeable de la loi pour contrôler l’immigration et améliorer l’intégration, pourtant plébiscitée par une majorité de Français.
Antérieurement, un autre juge, le président de la Cour des comptes, a décidé de retarder après le vote de la loi immigration, la publication du rapport portant justement sur la politique de lutte contre l’immigration irrégulière. (1)
En effet, M. Moscovici a pris sur lui de différer la publication (prévue le 13 décembre 2023) « pour éviter qu’elle n’interfère avec le vote de la loi immigration ». Pourtant à l’inverse il est légitime de penser que ce document était de nature à éclairer les débats, d’autant plus qu’une des missions de la cour est d’assister le Parlement et le Gouvernement dans l’évaluation des politiques publiques. (2)
Ce que Paul- Antoine Martin appelle « le clan des seigneurs » sait mieux que tout le monde, y compris les élus, ce qu’il y a lieu de faire. Quant au peuple, constamment infantilisé, qu’il se contente de payer ses impôts notamment en consommant (très important), et qu’il ne se mêle pas des décisions stratégiques.
Pour ce faire, il faut éviter que les voix discordantes ne se fassent trop entendre….et voilà la police de la pensée !
Trop de liberté, notamment de parole, est considérée comme dangereuse par nos « oligarques », si cette parole ne correspond pas à la doxa. Elle pourrait être de nature à influencer un « peuple » méprisé et considéré comme ignorant ce qui est bon pour lui, incapable de décisions éclairées.
Un troisième juge, le Conseil d’Etat, le 13 février dernier, vient de porter un coup significatif à la liberté des médias dans un arrêt relatif au pluralisme et à l’indépendance de l’information dans les médias audiovisuels. Réinterprétant la loi du 30 septembre 1986 (loi Léotard) relative à la régulation des activités de communication audiovisuelle, le Conseil d’Etat met en demeure l’ARCOM, concernant la chaîne Cnews, d’apprécier le respect du pluralisme des courants de pensées et d’opinions, en décomptant les temps de parole de l’ensemble des intervenants, non seulement politiques mais aussi chroniqueurs, animateurs et invités (bonne chance pour la mise en pratique !).
Ce qui est remarquable c’est que le Conseil d’Etat a été saisi par une ONG connue pour la défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontières. Surprenant mais tout s’explique si on ajoute à l’équation la ligne éditoriale de Cnews qui manifestement dérange.
De son côté l’Union européenne, toujours à l’avant-garde, prévoit de réduire voire d’interdire le réseau X (ex-Twitter) redevenu trop libre depuis sa reprise par Elon Musk. N’est-on jamais trop libres ?
Autre atteinte à la liberté, la récente loi visant à lutter contre les dérives sectaires. L’article 4 crée un délit de provocation à l’abandon ou à l’abstention de soins ou à l’adoption de pratiques dont il est manifeste (en l’état des connaissances médicales) qu’elles exposent la personne à un risque grave ou immédiat pour sa santé.
Il s’agit d’une remise en cause pure et simple de la liberté des débats scientifiques et du rôle des lanceurs d’alerte, sans oublier le libre choix de chaque individu.
Ces quelques lignes ont pour objectif d’alerter nos contemporains sur les dérives de notre modèle politique vers une forme de gouvernance liberticide que nous pourrions qualifier « d’orwellienne ». (3)
Aujourd’hui nous pouvons le faire, qu’en sera-t-il demain ?
1- La politique de lutte contre l’immigration irrégulière | Cour des comptes (ccomptes.fr
2- Le clan des seigneurs éd. Max Milo 11/01/2023
3- 1984 de George Orwell (ed.Folio)

Bonne analyse de la situation. ILS font comme ils veulent, ce qu’ils veulent quand ils le veulent. Tout ce qui les dérange est systématiquement écarté… Et le pire de tout c’est que les membres de cette caste se considèrent comme de grands démocrates et osent prétendre et affirmer en le répétant chaque fois qu’ils en ont l’occasion devant les médias que l’arrivée au pouvoir de certains partis entrainerait un effondrement total de la démocratie. En résumé, ça ne fonctionne que dans un sens, toujours le même : le leur.