Dans le prolongement de la soirée – débat organisée le 7 mars dernier par Vox Nostra, nous avons décidé de publier une série d’articles consacrés à cette fameuse question « mais où va le pognon ? ».
Nous nous étions proposés d’écrire 10 articles, mais nous n’avons pas résisté à un onzième thème fleurant bon, si l’on peut dire, le gaspillage d’argent public.
En effet, le site « Politico »(1) a mis en ligne le 18 décembre un article annonçant la destruction d’au moins 215 millions de doses de vaccins contre la COVID-19 achetées par les pays de l’UE via la commission européenne, soit une perte estimée pour le contribuable de 4 milliards d’euros. Il s’agit d’une estimation a minima, car les pays européens, dont la France, sont très réticents à communiquer sur l’ampleur du gaspillage.
Pour mémoire, depuis fin 2020, les pays de l’UE ont reçu 1,5 milliards de doses pour 450 millions d’européens soit un peu plus de 3 doses par personne, dont une partie est aujourd’hui dans les poubelles du continent. Mais ce n’est pas tout !
En novembre 2021, la Commission a conclu des contrats dits d’achat anticipé à hauteur de 71 milliards d’euros représentant environ 4,6 milliards de doses livrables jusqu’en 2027 !
Quand un pays européen, face à une surabondance de vaccins n’accepte plus ces derniers, il est poursuivi en justice par Pfizer pour non-paiement, ce qui est le cas actuellement de la Pologne et la Hongrie.
Rappelons que d’une part, la politique de la santé n’est pas dans le portefeuille de la commission européenne (cf. organigramme en annexe) laquelle s’est attribuée le sujet profitant de la situation d’urgence et entend que ce soit gravé dans le marbre lors de la prochaine législature, d’autre part la commission européenne est censée défendre l’intérêt de l’Union et des citoyens.
Mais ce qui interpelle le plus dans cette affaire c’est l’opacité des tractations et transactions contractuelles avec Pfizer-BioNtech. Les parlementaires européens n’ont pu obtenir communication de l’intégralité des contrats, les clauses sensibles afférentes aux prix et responsabilités étant grisées, ce qui est un pur scandale démocratique. La présidente bien connue, Mme Ursula von der Leyen, refuse quant à elle de communiquer ses échanges SMS avec le patron de Pfizer. Mme von der Leyen qui était d’ailleurs présente au Rwanda le 18 décembre pour l’inauguration du premier centre africain de production de vaccins à ARN messager de Bion Tech en Afrique, le « BioNtainer »(2).
Mme von der Leyen lorsqu’elle était ministre de la Défense en Allemagne (2013-2019) semble ne pas avoir été la meilleure des gestionnaires. Le rapport d’une commission d’enquête parlementaire fait état d’une gestion calamiteuse ayant entraîné la dilapidation de dizaines de millions. Selon ce rapport la gestion du ministère est « un échec complet », avec des procédures de contrôle des contrats de consulting, essentiellement McKinsey, qui n’étaient pas respectées, et cachaient souvent des liens de copinage, de connivence entre hauts fonctionnaires et lobbyistes privés. Le même constat a été fait par le président de la Cour des comptes allemande, Kay Scheller, déclarant que le ministère de la Défense sous Ursula von der Leyen dépensait « beaucoup d’argent pour des prestations de conseil ». C’est notamment le cabinet McKinsey qui a reçu des millions pour conseiller l’armée allemande, cabinet dont David von der Leyen, le fils, est cadre – associé donc participant aux bénéfices de l’entreprise.
Comment s’est-elle trouvée à la tête de la commission européenne ? Sur proposition d’un certain Emmanuel Macron auprès d’Angela Merkel, la boucle est bouclée !
N’est-ce pas un monde merveilleux ?
Chers lecteurs, ne l’oubliez pas lorsque vous irez voter lors des prochaines élections européennes !
Annexe
A noter :
La Commission européenne est l’organe exécutif de l’UE.
Elle a trois rôles principaux :
- Gardienne des traités : elle veille au respect du droit de l’Union et peut saisir la Cour de Justice en cas d’infraction.
- Proposition : elle élabore des propositions de nouvelles législations européennes qui défendent les intérêts de l’Union et des citoyens.
Exécution : elle gère et exécute le budget de l’UE et les politiques adoptées par le Parlement et le Conseil.
1 EU countries destroy €4B worth of COVID vaccines – POLITICO

Une honte! Il serait intéressant de connaître (mais ça on ne le saura jamais) les montants des avantages en nature donnés à nos dirigeants par les laboratoires choisis pour la fourniture des vaccins…. Il faudrait vraiment que ces gens-là rendent des comptes un jour prochain. Il n’est pas interdit de rêver…