Elections européennes : pourquoi vous devez aller voter.

1 Fév 2024Institutions, Société, Tous les thèmes0 commentaires

Le 9 juin 2024 aura lieu l’élection des 81 eurodéputés qui représenteront, pour 5 ans, la France au Parlement européen dont le nombre total de sièges est de 720. S’agissant d’un scrutin proportionnel à un tour, toutes les sensibilités politiques ont la possibilité d’être représentées sous réserve de réunir plus de 5% des suffrages exprimés. Les sièges sont attribués en fonction de l’ordre de présentation des candidats sur chaque liste.

Voilà donc une élection permettant à chaque électeur de voter selon ses convictions profondes en faisant fi des pseudos stratégies électorales.

Pourquoi est-il important de participer à cette élection ?

D’abord parce que d’une manière générale le vote, quelle que soit l’opinion de chacun sur les « politiques », est le moyen légal pour chaque citoyen de s’exprimer dans une démocratie. C’est un droit conquis et dont ne bénéficient pas tous les habitants de la planète. 

Ensuite, lorsque les taux d’abstention sont trop élevés, le pays tend à se fracturer car les élus ne représentent plus qu’une minorité. A titre d’exemple, en 2022, Emmanuel MACRON a été élu avec 58,52% des suffrages exprimés mais seulement 38,52% des inscrits.

Enfin, concernant plus particulièrement les européennes, l’élection de 2024 est sans doute la plus importante car déterminante pour l’avenir des pays européens.

En effet, la législation de l’Union européenne (UE) répond à la plupart des priorités de la population : environnement, sécurité, migrations, politiques sociales, droits des consommateurs, économie, état de droit et bien d’autres domaines encore. Aujourd’hui, chaque sujet important à l’échelon national a également un angle européen. 

Non seulement votre vote sera décisif pour déterminer quels députés au Parlement européen vous représenteront lors de l’élaboration de nouvelles lois mais il aura aussi une influence sur le choix des membres de la Commission européenne(1) dont le rôle est loin d’être négligeable.

La crise actuelle du monde agricole, sur laquelle nous reviendrons prochainement, est un exemple très parlant des conséquences des choix faits par l’UE.

Or, depuis sa création en 1957, l’UE a connu une évolution remarquable, passant du simple marché commun à une organisation politique et économique plus intégrée. Ce processus d’intégration a été soutenu par un idéal fédéraliste.

L’UE a été créée dans le but de favoriser la paix et la prospérité en Europe après les ravages de la Seconde Guerre mondiale. À l’origine, elle se concentrait principalement sur l’établissement d’un marché unique, dans lequel les biens, les services, les capitaux et les personnes pourraient circuler librement entre les États membres.

Au fil des années, l’UE a élargi ses compétences en matière de politiques communes. Par le biais du traité de Maastricht en 1992, l’UE est devenue une union économique et monétaire. Cela a conduit à la création de l’euro en 1999, monnaie utilisée aujourd’hui par 19 des 27 États membres de l’UE.

L’UE s’est également développée sur le plan politique avec la création du Parlement européen en 1979, qui est depuis lors directement élu par les citoyens de l’UE. Le traité de Lisbonne en 2009 a renforcé les pouvoirs du Parlement et a également créé le poste de Président du Conseil européen, qui représente l’UE au niveau international.

Cependant, certaines voix critiques estiment que l’UE ne va pas assez loin dans son processus d’intégration et plaident en faveur d’un fédéralisme européen plus poussé. Le fédéralisme consiste à transférer certains pouvoirs des États membres vers une entité centrale, dotée de compétences de gouvernance plus larges.

Les partisans du fédéralisme européen affirment que cela permettrait d’améliorer la prise de décision au niveau européen en évitant les blocages intergouvernementaux. Ils soutiennent également que cela renforcerait la capacité de l’UE à agir collectivement face à des défis majeurs tels que les crises économiques, la migration ou le changement climatique.

Cependant, les opposants au fédéralisme européen voient cela comme une menace pour la souveraineté des États membres. Ils estiment que cela conduirait à une dilution des identités nationales et à une perte de contrôle démocratique.

S’il est indéniable que l’UE a joué un rôle clé dans la promotion de la paix, de la prospérité et de la coopération entre les pays européens, il n’est pas non plus contestable que l’UE soit engagée dans un processus d’intégration : coordination économique, politiques communes et institutions supranationales.

Fédéralisme vs Souveraineté, voilà, selon nous, l’enjeu principal de cette élection en 2024, lequel est déterminant pour l’avenir des pays membres de l’UE et plus particulièrement pour la France.

Alors le 9 juin il faut voter !

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