Cérémonie d’ouverture des JO : attention certaines scènes peuvent choquer !

4 Août 2024Culture et médias, Institutions, Société, Tous les thèmes1 commentaire

Vendredi 26 juillet s’est ouverte à 19h30 la cérémonie d’ouverture des JO Paris 2024, un spectacle préparé depuis deux ans sous la direction de Thomas Jolly, acteur et metteur en scène, ancien directeur du Centre dramatique national d’Angers, habitué des spectacles hors normes.

Dès le départ il avait posé ses conditions, « si c’est pour faire un musée de la France, cela ne m’intéresse pas », et sa vision, ne pas faire un projet Puy du Fou qui retrace l’histoire de France mais reprendre des chapitres marquants de notre histoire et les tourner vers le futur.(1) Ainsi « si on retrace un passage de la Révolution, dans ce cas, c’est avec Daft Punk ». Au cas particulier ce fut, devant la conciergerie, avec le groupe français de métal internationalement connu, Gojira, reprenant le fameux « ça ira, ça ira… ».

Effectivement nous avons assisté à une cérémonie hors normes se déroulant pour la première fois en dehors d’un stade, ce qui était, au-delà du sujet sécuritaire, un immense défi artistique, technique, logistique et visuel. Et, quelles que soient les opinions sur le spectacle lui-même, il y a une chose sur laquelle nous serons tous d’accord : « impossible n’est pas français ! », y compris sous des trombes d’eau, lesquelles ont malgré tout généré quelques difficultés techniques (pannes d’écrans géants), chassé des spectateurs et sans doute compliqué la tâche des quelques 3000 danseurs dont il faut d’autant plus saluer la performance.

Finalement, mieux valait suivre cette cérémonie devant son écran de télévision. 

Une cérémonie qui a été avant tout une ode à la ville de Paris, laquelle ce soir- là a particulièrement méritée sont titre de « ville lumière », avec en fond sonore une excellente playlist. 

 Un spectacle de trois heures, en douze tableaux, (2) avec pour fil rouge un mystérieux personnage masqué faisant référence au jeu vidéo Assassin’s Creed, a mis en valeur les monuments, l’architecture de la ville, le savoir-faire français (l’artisanat), l’innovation (le cinéma, l’aéronautique) et la créativité françaises (les caricatures, la musique, les chansons), l’esprit de liberté voire libertaire.

Alors me direz-vous, pourquoi une polémique et laquelle ? La manière !

Force est de constater qu’en voulant faire référence au passé mais en le projetant dans un futur choisi notamment comme transgressif, inclusif, non genré, où les codes sont cassés, on perd une partie des spectateurs qui n’adhèrent pas, et même des pays puisque certains ont censuré certains passages.

Prenons quelques exemples. 

La France est traditionnellement le pays de l’amour courtois et aussi du libertinage. Fallait-il pour autant y faire référence en montrant un « trouple » (amour à trois partenaires) ? Non si on veut parler à tous, oui si on souhaite imposer sa propre vision.

La France est riche d’une très belle langue. L’académie française siège au sein de l’Institut de France, quai Conti, et a pour missions de « donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ». Associer Aya Nakamura à cette institution aurait pu être intéressant si elle avait interprété un classique des variétés françaises, mais non, après quelques secondes d’Aznavour, nous avons eu droit à son répertoire dans une langue qui n’a rien de littéraire ni même de français (extrait :« J’suis pas ta catin Djadja genre En Catchana baby tu dead ça »). Une offense à l’Académie française, sauf si on souhaite déconstruire la langue française et imposer une novlangue.

Enfin, le sujet qui a particulièrement animé les débats : l’épisode « festivité » avec les excentricités outrancières de Drags Queens et un tableau ressemblant de manière troublante à la Cène (le dernier repas de Jésus) de Léonard de Vinci, lequel a plus que choqué, non seulement les chrétiens mais les autres confessions dont les musulmans pour lesquels, rappelons-le Jésus est un prophète. Ce qui, petite parenthèse, explique sans doute la condamnation de ce tableau par M. Mélenchon qui pense toujours à ménager une partie de son électorat.

Thomas Jolly se défend en indiquant que son idée était de faire référence à une grande fête païenne en se référant au « Festin des Dieux » peint au début du XVIe siècle par Jan Harmensz van Biljert, conservé dans un musée à Dijon (est de la France). Pour preuve, la prestation d’un dieu Dionysos,(3) ressemblant étrangement à un schtroumpf géant et nu. 

Ce ne serait donc pas volontaire ? De qui se moque-t-on ? Nous invitons nos lecteurs à rechercher les deux tableaux, ils verront que le doute n’est guère permis et que le rapprochement avec le tableau de Léonard de Vinci est flagrant. 

Fort heureusement pour lui, M. Jolly n’y laissera sa tête, les chrétiens sont résilients et non vindicatifs, ce qui permet de les insulter sans risque au nom, paraît-il du droit au blasphème. Mais est-que ce dernier a sa place dans une cérémonie mondiale et universelle ? Bien sûr que non !

Encore deux précisions, faire référence à la Révolution française de 1789 en montrant une Marie-Antoinette tenant sa tête dans ses mains était réducteur pour cette période tragique de notre histoire, inélégant et inapproprié en rappelant des drames contemporains.

En outre, y faire référence, avec le tableau de Delacroix, La Liberté guidant le peuple, est une erreur historique car ce tableau s’inspire des Trois Glorieuses (Révolution de juillet) qui se termine par l’avènement du roi Louis-Philippe 1er en 1830.

Les organisateurs voulaient un moment de rassemblement et de fierté pour tous les Français, force est de constater que c’est raté car cette cérémonie ne s’adressait pas à tous.

 D’ailleurs Sandrine Rousseau ne s’y est pas trompée en publiant sur X. « Meilleure réponse à la montée du fascisme et de l’extrême-droite cette cérémonie ». De même le député insoumis Thomas Porte a déclaré :« Une cérémonie des JO à rebours des obsessions racistes et réactionnaires de l’extrême-droite et de ses relais médiatiques ». Quant à Marine Tondelier, elle a ironisé : « Écoutez je suis en train de lire tous les tweets de l’extrême droite en PLS sur cette cérémonie d’ouverture. Je vous le confirme : elle est très réussie ».  

Il y avait donc un message politique ! Nous n’y avions pas pensé.

Pour terminer rappelons que l’article 50.2 de la charte olympique précise : « aucune sorte de démonstration politique, religieuse ou raciale, n’est autorisée dans un lieu, site ou emplacement olympique ». En outre, figurent parmi les valeurs olympiques la non-discrimination, l’universalité et la solidarité. 

Nous en étions bien loin vendredi soir et les commentaires cités ci-dessus en sont la preuve.

Souhaitons que la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques soit dans un esprit véritablement inclusif à l’égard de tous les publics.

1-Radio France 21 septembre 2022

2-Enchanté, synchronicité, liberté, égalité, fraternité, sororité, sportivité, festivité, obscurité, solidarité, solennité et éternité.

3-Dans la religion grecque antique, c’est le dieu de la vigne, du vin, de la fête et de ses excès. 


1 Commentaire

  1. Patrick Montaleytang

    Article résumant très bien la situation de notre pauvre pays : la France est entrée depuis quelques décennies dans une période de décadence qui s’accentue de façon exponentielle sous l’influence et l’impulsion de nos dirigeants politiques qui sont pour la plupart en accord total avec les imbéciles collaborationnistes nommés dans cet article (Rousseau, Tondelier, Mélanchon et consorts).

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