DESTITUTION : FAUT-IL ENFIN POSER LA QUESTION ?

16 Oct 2026Institutions, Politique1 commentaire

La question peut paraître provocatrice. Elle est pourtant parfaitement constitutionnelle.

L’article 68 de notre Constitution prévoit que le Président de la République peut être destitué en cas de « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ». La décision appartient au Parlement réuni en Haute Cour et exige une majorité des deux tiers.

Alors pourquoi cette disposition existe-t-elle si personne n’ose jamais se demander si elle peut s’appliquer ?

Une France confrontée à des problèmes qui ne peuvent plus être ignorés

Prenons simplement la sécurité quotidienne.

Dans certaines cités, des points de deal se sont installés au vu et au su de tous. Ils ne sont pas seulement des lieux de vente de stupéfiants : ils deviennent parfois le centre d’une économie clandestine, avec guetteurs, intimidations, armes et règlements de comptes.

Ce sont les habitants qui en subissent les conséquences.

Ils voient leur quartier se dégrader, leurs enfants grandir au milieu de trafics et de violences, et certains finissent par avoir le sentiment que la loi ne s’applique plus de la même manière partout.

Les autorités ont pourtant engagé des dispositifs de lutte contre le narcotrafic et le démantèlement des points de deal. Mais les violences liées aux trafics demeurent une réalité importante dans plusieurs territoires.

La question est donc simple : jusqu’où peut-on laisser s’installer cette situation avant de considérer qu’il existe un problème de responsabilité politique au plus haut niveau de l’État ?

Et puis il y a notre jeunesse

Il serait injuste de réduire les manifestations lycéennes actuelles aux images de barricades, de dégradations ou d’affrontements.

Il y a aussi Louise et toute une génération de jeunes qui nous rassure.

Des lycéens qui demandent de meilleures conditions d’études, des enseignants en nombre suffisant, des établissements dignes et simplement la possibilité de préparer leur avenir dans de bonnes conditions. Les mobilisations actuelles ont justement commencé autour de ces préoccupations et se sont étendues à de nombreux établissements.

Cette jeunesse-là mérite d’être écoutée.

Elle n’est pas le problème.

Elle fait partie de la solution.

Les casseurs, eux, sont une autre histoire. Leur violence ne sert ni les lycéens, ni leurs revendications, ni la République.

Alors, destitution ?

Vox Nostra ne prétend pas que l’article 68 permettrait de destituer automatiquement Emmanuel Macron pour une politique que nous jugeons mauvaise.

Ce serait juridiquement faux.

Mais nous posons une question :

l’accumulation des difficultés auxquelles la France est confrontée, notamment en matière de sécurité et de fonctionnement des services publics, doit-elle conduire la représentation nationale à examiner si certains manquements du Président peuvent relever de l’article 68 ?

Car l’article 5 de la Constitution confie au Président une responsabilité particulière : il doit veiller au respect de la Constitution et assurer, par son arbitrage, « le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État ».

Il ne suffit donc pas de dire :« Macron est mauvais, qu’il démissionne. »

Il faut poser la question constitutionnelle :

Ses décisions et son comportement dans l’exercice de ses fonctions constituent-ils, ou non, des manquements à ses devoirs manifestement incompatibles avec la poursuite de son mandat ?

Si la réponse est non, que les oppositions l’expliquent aux Français.

Si certains faits peuvent juridiquement entrer dans le champ de l’article 68, alors que le Parlement ait le courage de les examiner.

La destitution n’est pas un coup d’État.

Elle est prévue par la Constitution.

Et si la Constitution a prévu cette possibilité, il n’y a aucune raison d’interdire aux citoyens et à leurs représentants d’en débattre.

Vox Nostra ouvre donc le débat.

Démission ou destitution : la question n’est plus de savoir si elle est agréable à poser.

La question est de savoir si elle peut être juridiquement posée.

Et la réponse est : oui.

1 Commentaire

  1. Patrick Montaleytang

    Je pense que de nombreux Français seraient satisfaits d’un départ prématuré de Macron. Nous aurions l’impression de gagner du temps pour que « l’équipe suivante » puisse se mettre rapidement au travail pour commencer à attaquer et combattre sérieusement les maux qui accablent notre pays. Le fait d’avancer les prochaines élections présidentielles qui n’arrivent que dans sic mois, (six mois c’est long), aurait également pour avantage de raccourcir les campagnes respectives des candidats et de nous dispenser de la prolifération des boules puantes qui ne vont pas tarder à être dispersées à leur encontre. Pour certains, c’est déjà fait. Cependant, cette destitution doit être votée par le Parlement et si tel était le cas, des élections législatives suivraient immanquablement l’élection présidentielle. Je ne suis pas certain que les députés bien installés dans l’hémicycle, même s’ils sont hostiles au président actuel, veuillent prendre le risque de raccourcir leur mandat de six mois…

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