Violences commises lors des manifestations non autorisées après la finale de la Coupe d’Europe le 30 mai 2026

5 Juin 2026Tribune libre0 commentaires

Après le chaos, des mesures autoritaires s’imposent

La capitale et de nombreuses villes de province ont été le théâtre , samedi 30 mai, bien avant la fin du match de Coupe d’Europe de manifestations violentes de groupes de casseurs, se comportant comme de véritables barbares faisant « la chasse aux flics » et
cherchant intentionnellement à les blesser, à les mutiler, voire à les tuer.
Ces incidents, ce chaos provoqués par une guérilla urbaine qu’il faut appeler par son nom, se répètent à chaque événement d’ampleur nationale (matches internationaux, Premier Mai, manifestations syndicales..), et montent progressivement en intensité et en violences de toutes sortes.
La réponse à ce chaos est d’abord politique, car il est patent que les pouvoirs publics n’ont pas pris, ou pas voulu prendre la mesure exacte, depuis quelques années, de ce phénomène d’ultra-violence, et qui paraît avoir été en quelque sorte banalisé par le pouvoir
politique qui se contente à chaque reprise d’en constater les effets , sans en rechercher aucunement les causes, mais je n’en dirai pas plus, laissant aux représentants de partis de proposer les mesures adéquates.
Une réaction urgente est nécessaire si l’on ne veut pas laisser ces casseurs rester maîtres de la rue et imposer leur loi. Le pouvoir politique, préfectoral, doit tout d’abord réexaminer en profondeur son schéma de maintien de l’ordre, et les propositions que je
fais ci-après, sont le fruit d’une expérience de près de 27 années en Sécurité Publique et en Maintien de l’Ordre, et non d’une philosophie de l’action, tout en observant que si les paradigmes ont évolué depuis mon temps de service, il n’en reste pas moins que les bases du MO sont quasiment les mêmes.


Mes propositions concrètes sont donc les suivantes :


1-il convient d’imposer, en premier lieu, et en cas de manifestations violentes prévisibles, des interdictions d’aller et de venir dans certains lieux de nos villes, allant jusqu’à limiter les libertés des personnes, lorsque des renseignements fiables prévoient des manifestations susceptibles de créer des troubles importants pour l’ordre public.


2- effectuer des contrôles préventifs d’individus en amont de la manifestation afin de filtrer les arrivants à l’aide de tout moyen de reconnaissance faciale (ce qui suppose une législation à instituer), pour débusquer les éléments violents porteurs d’armes réelles ou
par destination, et les personnes interdites de paraître sur la voie publique ou faisant l’objet de recherches.


3-redonner aux FSI les armes intermédiaires dont on les avait privés (certaines grenades), ou dont on avait limité l’emploi (usage du LBD), et ordonner l’intervention systématique des BRAV (brigades de répression des actions violentes), seules capables à bord de
motocyclettes, de « tuer dans l’œuf » les regroupements éloignés de casseurs, et enfin se servir systématiquement des véhicules blindés Centaure de la gendarmerie nationale pour aller au contact direct des groupes de manifestants belliqueux, et ce en toute protection pour les FSI qui les servent.

4-en assistant les OPJ qui sont intégrés dans les unités de MO par plusieurs représentants du Parquet, disposés dans l’ensemble du dispositif de MO, ce qui donnera une valeur légale plus forte aux constatations des infractions établies par les OPJ de la PN et de la GN, et aux interpellations d’individus qui s’ensuivront, ce qui évitera in fine tout classement sans suite par les juges du siège. Cela a déjà été fait à Marseille.


5-il est nécessaire de revoir le travail de vérification et de renseignement préalable qui doit être opéré par les services de renseignement plusieurs jours avant la date de la manifestation, afin d’identifier et quantifier les flux des groupes de casseurs, leurs bases de départ, leurs intentions, et si possible identifier précisément leurs responsables. Ces fonctionnaires doivent être également présents sur les lieux de la manifestation pour renseigner les chefs des unités de MO. C’est le travail aujourd’hui du Renseignement
Territorial en province et des RG-PP à Paris, et à ce titre, il serait primordial de recréer la direction centrale des Renseignements Généraux qui possédait une culture précise et documentée sur les divers groupes de casseurs.


6-sur le terrain les commissaires de police sont les seuls responsables habilités à faire les sommations et à décider de l’emploi de la force, c’est la raison pour laquelle à la PP, ils sont appelés « techniciens d’intervention ». Leurs attributions ne doivent plus être occultés par des préfets enfermés dans leur bulle, au sein d’un PC de crise qui sont les décideurs actuels, tout en ne connaissant rien aux réalités du terrain.


Au niveau de la répression des manifestants violents, les tribunaux judiciaires ne doivent plus s’employer à gommer les interpellations d’individus dangereux que les forces de l’ordre ont eu beaucoup de difficultés à capturer, sinon à remettre en cause la légitimité de leur action, et de leurs missions de maintien et de rétablissement de l’ordre.


Les textes pénaux réprimant les actions violentes et meurtrières pour tout type de manifestation sont suffisamment explicites et complets pour être appliqués par les juges, sans pour cela que le législateur en crée d’autres.
Les magistrats ont à leur disposition un ensemble de textes qui prévoient tous les cas d’attroupements violents en vertu des articles L211 et suivants du Code de Sécurité intérieure : poursuite volontaire de la manifestation après sommation – participation à un
attroupement violent en étant porteur d’une arme – provocation directe à un attroupement armée par des cris, discours publics, ou par des écrits affichés ou distribués. Dans tous ces cas de figure, les magistrats peuvent et doivent prononcer des peines
d’emprisonnement ferme et des amendes importantes.


Il en est de même pour les faits les plus graves réprimés par le Code Pénal lorsqu’il est constaté des homicides ou tentatives d’homicide volontaires sur les membres des forces de l’ordre avec des armes réelles ou par destination, mais également des violences volontaires ayant entraîné la mort, la mutilation, une ITT inférieure, égale ou supérieure à 8 jours. Des sanctions sévères sont également prévues pour toute destruction , incendie, dégradation, détérioration volontaires de biens privés ou publics.
Les magistrats ont également à leur disposition pour exercer la répression des attroupements violents la loi dite « anti-casseurs » en vigueur depuis le 10 avril 2019, et instituée après le Mouvement des Gilets Jaunes. Cette loi a malheureusement subi la censure du Conseil Constitutionnel qui a éliminé un certain nombre de dispositions qui permettait une répression plus sévère avant et pendant les manifestations. Il n’a été conservé que le dispositif punissant le délit de dissimulation volontaire de tout ou partie du visage lors d’une manifestation (rarement appliqué) – la peine complémentaire d’interdiction de participer à une manifestation qui ne peut excéder une durée de 3 ans – des peines aggravées si la peine complémentaire précédente est violée – et enfin l’application de la responsabilité civile à l’encontre du « casseur » selon le principe « casseur-payeur », suite à une action récursoire de l’État exercée contre les auteurs de dégradations et de dommages résultant des crimes et des délits qu’ils ont commis. Cette dernière disposition est rarement mise en œuvre compte tenu de l’insolvabilité des auteurs, et la solution pourrait consister à les forcer à rembourser leurs victimes , non pas par des TIG qui sont inopérants, mais par des actions de reconstruction, et de restauration des biens dégradés encadrés par l’armée (voire infra).


En fait, il est nécessaire de restaurer la loi « anti-casseurs » qui avait été promulguée à la fin des années 70 et qui avait été complètement abrogée par le nouveau pouvoir en 1981.
Je ne serai pas complet dans mon propos si je ne m’attardais pas, en conclusion, à prendre en compte le comportement singulier des « nouveaux casseurs », ces jeunes venus pour la plupart des banlieues parisiennes, des quartiers de non droit, et qui viennent à Paris, ou dans les grandes villes de province pour se défouler et « casser du flic ». Tous les prétextes sont bons pour venir et faire dégénérer les manifestations. Ils sont organisés selon un système de bandes qui les rend plus anonymes, plus déterminés et plus violents.


Ce qui est nouveau depuis quelques années, c’est la haine qui les habite, la haine de la France et de l’État et de tous les agents qui servent dans les institutions publiques :
l’armée, la police, la gendarmerie, l’école, l’hôpital, les maires, etc…Il sont animés d’un désir de vengeance contre la société actuelle, se plaignent d’avoir toujours été défavorisés alors qu’ils ont été abreuvés et biberonnés de milliards, eux et leurs familles, dans leurs quartiers, depuis 40 ans par des Politiques de la Ville qui ont dépensé sans compter pour rénover leur habitat, subventionner leurs associations, et offert des stages de formation.


Certains de ces jeunes s’en ont sortis et c’est tout à leur honneur, mais un grand nombre aussi ont déserté l’école, se sont affranchis de l’autorité parentale, ont versé dans la voyoucratie de bas étage, dans le deal et la consommation de stupéfiants, et souvent sous le couvert d’un communautarisme rampant et radical, encensés également par des partis politiques extrémistes. Ce sont eux que l’on retrouve dans les rues de nos grandes villes où ils viennent commettre des exactions lors des manifestations.


Quelles solutions faut-il envisager pour extirper de ces cerveaux la haine et la violence qui les habite ? : la répression pour leurs actes, certes, et en premier lieu, mais pas en prison, qui est de plus en plus l’école du vice et non du retour à la raison. Ce qu’il faudrait , c’est les enfermer dans des camps de travail, en pleine montagne, strictement gardés et surveillés par l’armée, et durant toute la durée de la peine prononcée à leur encontre, afin de préserver l’environnement – entretenir nos forêts et nos cours d’eau – restaurer nos ponts, nos chemins de campagne et participer à la réalisation de bases de loisirs, le tout accompagné d’une vie spartiate , du respect de la discipline et de la levée de nos couleurs chaque matin Certes, avec ces dispositions, ils ne deviendront pas , très certainement, tous des agneaux du jour au lendemain, mais pourquoi pas, ne pas essayer tout ce qui est humainement
possible pour les sortir de leur conditionnement psychologique.


Cela ne se fera pas sans encourir les foudres de nos « Grands Juges » qui s’endorment tous les soirs avec la Constitution et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen comme livres de chevets. Peu importe, il faudra que nos gouvernants aient le courage et la volonté de passer outre ces oukases juridiques, de se débarrasser du syndrome « Malik Oussekine » (*) car l’avenir de notre société, de notre Nation et de notre démocratie en dépend.


Marseille le 2 juin 2026
Claude Dupont
Commissaire divisionnaire honoraire
Vice président de l’ADP

  • Malik Oussekine : étudiant décédé le 5 décembre 1986 à Paris après son interpellation
    par une équipe de voltigeurs, unité mise en place par les ministres Pandraud et Pasqua pour
    interpeller les éléments violents lors des manifestations.

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