Un peu d’économie pour notre sécurité sociale

25 Juin 2024Economie, éducation, Santé et Sciences, Société, Tous les thèmes1 commentaire

Le déficit de la Sécurité sociale et du Fonds de solidarité vieillesse s’est réduit de près de 9 milliards d’euros en 2023 pour atteindre 10,8 milliards. Le gouvernement prévoit que son déficit se creuse à nouveau dans les années à venir, avec un trou de 17,7 milliards attendu pour l’année 2027. La Sécurité sociale devrait accumuler 60 milliards de déficits d’ici à 2027, selon le Haut-Conseil du financement de la protection sociale. (1)

Dans un entretien accordé à Jean Baptiste Léon (2), le professeur Michael Peyromaure, chef du service urologie de l’hôpital Cochin à Paris explique entre autres « que des personnes, arrivent à 90 ans, elles sont plutôt bien portantes mais elles ont beaucoup de pathologies, avec des coûts de traitements très élevés. Or, nos instances ont fait un choix de société, un choix politique, celui de faire payer assez peu les patients. On est le pays où le reste à charge, pour les soins liés à la santé, est le plus faible des pays de l’ OCDE. Il est à 6,9 % sur l’enveloppe globale du coût des traitements chirurgicaux, médicaux. Ce taux diminue d’année après année contrairement à ce qu’on pourrait croire. Or l’enveloppe globale est incompressible, donc on va faire des économies sur le troisième secteur, c’est à dire sur les soignants. C’est pour cela que les hôpitaux ne sont pas rénovés, qu’on n’investit plus dans la recherche pour la médecine, que les infirmières sont très mal payées par rapport à leurs homologues européennes. Le surcoût est lié à la progression exponentielle des gestionnaires et des strates administratives en maintenant des frais tout à fait acceptables pour les Français. Par exemple la sécurité sociale dépense 5 milliards par an en bons de transport, il y en a 10 % qui sont justifiés parce que les patients sont invalides, sont en fauteuil roulant. Il y en a 90 % qui sont indus. La France est le seul pays où la sécurité sociale paie les bons de transport, des taxis, ou des ambulances aux usagers. . . ( sic) »   

Afin de mieux faire comprendre la proposition qui conclura cet article, nous faisons une comparaison avec le système de l’assurance automobile. En effet lorsqu’un conducteur présente un comportement sans reproche avec un bonus de 50 % et plus, la prime qu’il réglera à la compagnie d’assurance sera moins élevée que pour un conducteur malussé.  

Jusque-là rien de choquant.  Ce principe est admis par tous les usagers, sauf pour ceux qui roulent sans assurance mais c’est un autre sujet. 

Il existe depuis de nombreuses années maintenant les contrôles techniques imposés tous les deux ans aux véhicules de plus de quatre ans. Quelques grognements au début de la mise en place de ce principe mais il permet peut-être de prévenir certaines pannes voire des accidents dus au mauvais entretien d’un véhicule.

Concernant le système de santé et notre rapport avec la sécurité sociale, contrairement aux compléments versés par les mutuelles, il est à noter qu’il n’existe aucun contrôle sur notre hygiène de vie.

Et pourtant les personnes qui fument plusieurs paquets de cigarettes (3), addictes à l’alcool, aux stupéfiants, qui ne respectent aucun régime alimentaire ne sont pas plus prélevées par la sécurité sociale, lorsqu’ils contractent des pathologies liées à ces excès et ce manque de vigilance envers leur hygiène de vie.

Pour remédier à cette situation qui semble injuste pour les sportifs, celles et ceux qui observent et qui s’imposent régulièrement une bonne hygiène de vie, il est possible de procéder à des contrôles sur chaque citoyen afin de connaître leur état de santé, pour savoir s’ ils en prennent soin ou s’ils la détruisent en usant et abusant de produits toxiques.  

Tout comme les mauvais conducteurs, qui normalement lorsqu’ils sont assurés paient des tarifs plus importants que les bons conducteurs, les citoyens qui négligent leur organisme pourraient peut-être s’acquitter d’une somme plus élevée que ceux qui en prennent soin…

Cela pourrait se concrétiser par une prise en charge partielle des soins donnés aux gros fumeurs, buveurs, toxicomanes qui souffrent de pathologies en lien avec leur addiction, avec un reste à charge qui soulagerait les comptes de la sécurité sociale. 

1-Journal le monde mercredi 20 mars 2024, ( source, ministère délégué aux comptes publics) 

2-Directeur des publications chez Contribuables Associés, Journaliste économique à l’Opinion – Éditorialiste à Europe 1 – Lauréat 2018 du prix Citi- Columbia University NY de l’excellence journalistique. 

3-Sur le paquet de cigarette est indiqué « Fumer tue »

1 Commentaire

  1. Patrick Montaleytang

    Il est vrai que les personnes qui ont une hygiène de vie « provocatrice » envers leur santé présente et future devraient se voir imposer un malus sur leurs cotisations à l’assurance maladie…Certains vont protester en évoquant une atteinte à la liberté de chacun. La difficulté serait de déceler et de cerner les comportements de chacun. On arriverait alors, si cela était réalisable, à un véritable « flicage » auquel devrait nécessairement participer le corps médical pour attester du délabrement de l’état de santé du patient dû à ses mauvaises habitudes (alimentaires, tabagiques, prise de stupéfiants etc). Nul doute que le secret médical serait évoqué et qu’il ne faudrait rien attendre de ce côté là. Je pense que l’on pourrait faire des économies d’autres manières. Par exemple en effectuant des contrôles sur les taxis qui facturent trois courses pour le transport de patients qui sont tous les trois en même temps dans le même véhicule, avec c’est vrai un petit détour pour déposer chaque patient chez lui pour le retour, ou le récupérer lors du voyage aller. Je connais même un taxi, (maintenant retraité) qui faisait faire pour des patients habituels, quelques courses à son épouse dans son véhicule personnel pendant que de son côté il transportait égalment d’autres malades ! Il ne s’est jamais fait prendre…. Je pense également qu’aux niveau des dépenses, il faudrait arrêter de subventionner les laboratoires qui effectuent des recherches pour prolonger la vie humaine : j’ai récemment vu à la télévision lors d’un reportage, des chercheurs qui étaient fiers d’annoncer que bientôt on arriverait à vivre jusqu’à 130 ans!!! Est-ce que ces hallucinés et illuminés se rendent compte des problèmes que leurs recherches vont causer sur le plan médical, sur le plan des logements, sur les retraites etc… Les fonds employés dans de telles recherches totalement irraisonnables et irraisonnées seraient beaucoup plus utiles dans d’autres secteurs de notre système de santé. Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce sujet économique en essayant de redresser la pente qui conduit inéluctablement vers le gouffre…

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