L’institution scolaire, un enjeu politique

20 Oct 2024Culture et médias, éducation, Institutions, Société, Tous les thèmes1 commentaire

Le lundi 7 octobre à Tourcoing, une élève gifle puis roue de coups une enseignante lui ayant demandé d’ôter son voile, en application de la loi de 2004 interdisant le port des signes religieux ostensibles à l’école. Selon Valeurs Actuelles, la jeune fille aurait reçu l’appui d’une dizaine de professeurs, au nom de la lutte contre les discriminations !

A quelques jours des hommages rendus à la mémoire de Samuel Paty et Dominique Bernard, victimes d’islamistes, respectivement les 20 octobre 2020 et 13 octobre 2023, et 36 ans après la première affaire de voile islamique à Creil, cette histoire nous interpelle doublement : l’entrisme de l’islam politique d’une part, l’aveuglement de certains de nos concitoyens qui se trompent de combat.

L’article 1 de notre Constitution stipule : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ».

Respecter les croyances ne signifie pas accepter le prosélytisme ou l’entrisme religieux !

Cela signifie notamment que la République garantit la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public c’est-à-dire des lois en vigueur. 

La loi du 9 décembre 1905 a acté la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses : l’Etat ne reconnaît ni ne salarie aucun culte.

La IIIème République a œuvré à la laïcisation du pays en commençant par l’école, creuset de la citoyenneté.  En 1881 et 1882, le ministre de l’Instruction publique, Jules Ferry, par une série de lois, rend l’école primaire obligatoire, gratuite et laïque. L’enseignement religieux est exclu de l’école publique, remplacé par l’instruction morale et civique. 

La laïcité, née en France du souvenir des guerres de religions et de l’entrisme catholique dans la vie publique, en séparant nettement la religion de l’État, a pour but et permet dans l’espace public et au sein des institutions, telle l’Éducation nationale, de préserver la paix sociale. En d’autres termes, en France, la religion relève de la sphère privée. 

Contrairement à ce que pensent certains, et il est inquiétant qu’ils appartiennent trop souvent au corps enseignant, il n’est pas question ici de discrimination mais bien au contraire de garantir à chacun sa liberté de conscience (croire ou ne pas croire) donc un pluralisme religieux apaisé sous réserve qu’il ne vienne pas s’imposer dans l’espace public en troublant ainsi la sérénité de tous. 

Nous voyons bien ce qui se produit quand une religion, au cas particulier l’Islam, veut s’imposer : une enseignante se fait gifler, une jeune fille se fait « malmener » parce que vêtue à l’Européenne, un homme se fait poignarder sous prétexte qu’il boit de l’alcool durant le ramadan, un enseignant se voit interdire de boire de l’eau par des élèves, toujours, pendant le ramadan, des footballeurs portent des collants cachant une partie de leur corps pour motifs religieux, etc.

En juin 2004, le rapport Odin portant sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires conclut : « Ce que nous avons observé dans les établissements scolaires implantés dans les quartiers où sont concentrées des populations issues de l’immigration maghrébine, parfois turque, africaine ou comorienne, quartiers de plus en plus homogènes sur le plan social et religieux, n’est manifestement que la partie scolairement visible d’un phénomène bien plus profond, dont l’évolution constitue vraisemblablement l’une des clés de notre avenir. La réalité semble bien en effet être la suivante : pour la première fois dans notre pays, la question religieuse se superpose – au moins en partie – à la question sociale et à la question nationale ; et ce mélange, à lui seul détonnant, entre en outre en résonance avec les affrontements majeurs qui structurent désormais la scène internationale. »

Ce rapport, vieux de 20 ans, est d’une actualité criante.

L’école, du primaire à l’université, est la clé de voûte de la construction de la citoyenneté républicaine, elle doit transmettre le savoir détaché de la croyance. Dans l’idéal républicain, l’école laïque a été conçue comme un lieu d’émancipation, imperméable aux influences extérieures.

C’est ce qu’exprimait parfaitement la présidente du Conseil des sages de la laïcité, la sociologue Dominique Schnapper, dans un entretien au journal Le Monde publié le 22 décembre 2022 : « Si, en France, la laïcité s’exprime à propos de l’école avec une passion inconnue dans les démocraties anglophones, c’est que l’école y est, plus que dans les autres démocraties, l’école du citoyen. Elle a toujours été liée à un projet politique, elle repose sur un fondement philosophique, le projet d’émanciper l’être humain, de lui transmettre l’esprit critique et le respect du savoir en dehors de toute influence extérieure, en particulier religieuse ».

Certains courants islamistes – sans doute minoritaires mais très actifs notamment auprès de la jeunesse– ont bien compris l’importance de l’institution scolaire dans notre République et cherchent à la déstabiliser. Un des vecteurs de cette déstabilisation pouvant être le port de certains vêtements (abayas, qamis), a priori non religieux selon les islamologues, mais manifestant une identité au nom d’une religion, laquelle est par nature conquérante. Il ne faut jamais perdre de vue que l’Islam est par essence politique puisque qu’il ne s’agit pas simplement d’une religion mais de lois s’imposant à l’ensemble de la société. Les plus radicaux considèrent que les lois de l’islam sont au-dessus de celles de la République.

Ce n’est donc pas un combat religieux mais politique dont feraient bien de se préoccuper ces associations qui au nom de la laïcité, dont elles font une interprétation totalement erronée, s’emploient à faire démonter des statues ou des crèches mais sont d’un silence assourdissant dès qu’il s’agit d’Islam.

Si nous voulons rester ce que nous sommes, il est impératif de faire preuve d’une fermeté inébranlable notamment en excluant définitivement du système scolaire les élèves qui n’acceptent pas de respecter les principes républicains, ce qui pose la question de l’obligation de scolarisation jusqu’à 16 ans.

Il serait aussi intéressant de s’interroger sur les parents car, sauf cas très exceptionnels, les enfants sont souvent la chambre d’échos de ce qu’ils entendent chez eux. 

Il faudrait sans doute revoir la carte scolaire afin de faciliter plus de mixité dans les établissements scolaires afin d’éviter des classes trop homogènes : « La mixité, sexuelle, culturelle, sociale, religieuse est d’abord une valeur. Comment accéder à la compréhension mutuelle, au respect de l’autre, à la modération, autant de composantes de l’esprit laïque, si l’on vit strictement entre soi ? » (rapport Odin)

Enfin, il est évident que l’immigration massive de populations non européennes, aux codes sociaux et religieux propres, que la France n’a pas été en capacité a minima d’intégrer, à défaut d’assimiler, a favorisé un communautarisme, terreau de l’islamisme radical, susceptible de conduire au séparatisme voire à un affrontement dont les « incidents » en milieu scolaire sont peut-être les signes avant-coureurs. Il est encore temps de stopper ce flux, ou tout au moins de le réguler, de renvoyer dans leurs pays d’origine les étrangers non européens qui n’ont aucun emploi et d’être plus exigeant sur les conditions d’obtention d’un titre de séjour en France (maîtrise de la langue, connaissance minimum de nos institutions notamment de ce qu’est la laïcité).

1 Commentaire

  1. barramine

    Très bon article qui déplairait fortement aux islamo-gauchistes de LFI à la condition qu’ils aient la volonté de le lire dans le but d’introduire un peu de culture et des choses sensées dans leurs cerveaux déficients. Encore une fois, les enseignants sont les victimes souvent physiques de la déliquescence de la société à laquelle ils ont (quoiqu’ils en disent) grandement participé par leur vote à chaque élection qui se présentait. Le pire, c’est que la grande majorité d’entre eux continue dans le même sens…. Il est vrai que beaucoup d’entre eux qui se considèrent comme étant les « sachants » pensent détenir LA VERITE. Mais il ne faut pas généraliser : certains com-mencent à comprendre, une fois qu’ils ont goûté personnellement de près ou de loin à la réalité. Le jour où il se réveilleront vraiment, il sera peut être déjà trop tard…

    Cela vaut pour les enseignants comme au reste des citoyens de notre pays.

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