Il y a quelques années Jeffrey Wigand,(1) interpelle le grand public sur les véritables dangers du tabagisme. Par ailleurs le journaliste Lowell Bergman (2) dévoile des secrets sur les pratiques douteuses de l’industrie du tabac. Ces deux personnes sont bien entendu menacées et subissent des pressions. Le film « Révélation » avec Al pacino et Russel Crowe sorti en 2000 illustrent parfaitement ce sujet.
Aujourd’hui notre laboratoire d’idées, alerté par un groupe de jeunes adolescents sur les effets toxiques de l’utilisation de la cigarette électronique, propose à nos dirigeants l’interdiction de ce dispositif électronique comme certains pays l’ont déjà fait.
En France, la loi du 24 février 2025 (3) interdit ce procédé de vapotage à usage unique, (les « puffs »), ces cigarettes électroniques jetables facilement accessibles et très prisées des jeunes, malgré leur interdiction de vente aux mineurs. Le site du service public énonce cet article de la façon suivante :
« Il s’agit de cigarettes électroniques jetables ; cela les différencie donc des produits de vapotage classiques qui sont rechargeables. De nombreux arômes sont proposés : fraise, soda au citron, barbe à papa, cookie… Le plus souvent, ces cigarettes électroniques jetables contiennent par ailleurs de la nicotine. Chaque puff renferme un nombre défini de bouffées ; elles peuvent délivrer entre 600 bouffées – l’équivalent d’environ 2 paquets de cigarettes – et 5 000 bouffées, précise un rapport du Comité national contre le tabagisme.
Les puffs ont d’abord été mises sur le marché aux États-Unis, puis sont arrivées en France en septembre 2021. Elles ont alors été vendues chez des buralistes, dans des supermarchés, dans des bars, sur internet… Depuis le 26 février 2025, en France, vous ne devez plus pouvoir trouver en vente ces cigarettes électroniques jetables.
La mise en vente, la vente, la distribution ou l’offre gratuite des cigarettes électroniques jetables sont désormais interdites. Il est également interdit de détenir ces produits en vue de les vendre, de les distribuer ou de les offrir gratuitement en France. Ces interdictions concernent les dispositifs électroniques de vapotage pré-remplis avec un liquide et qui ne peuvent pas être remplis à nouveau, qu’ils disposent ou non d’une batterie rechargeable.
Cela fait partie du programme national de lutte contre le tabac 2023-2027, qui prévoit notamment de :
- protéger les jeunes du tabagisme ;
- préserver notre environnement de la pollution liée au tabac.
Le ministère de la Santé indique ainsi que, « avec leurs arômes sucrés, leur design coloré et leur facilité d’usage, le marketing des puffs les rend particulièrement prisées des adolescents ». La vente aux mineurs de ces produits, comme de tout produit de vapotage, était néanmoins déjà interdite.
Les cigarettes électroniques jetables sont par ailleurs difficiles à recycler car fabriquées à partir de plastique, de métaux lourds et de batteries au lithium ; et elles sont conçues pour être jetées après quelques centaines de bouffées. »
Concernant le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, la cigarette électronique, appelée aussi vapoteuse, vaporette ou SEDEN (système électronique de délivrance de nicotine) est un dispositif qui permet de vaporiser et d’inhaler une solution liquide contenant de la nicotine et d’autres substances. Elle est considérée comme une alternative moins nocive que la cigarette traditionnelle, mais certains pays ont interdit son utilisation !
Ces interdictions sont motivées par des préoccupations sanitaires, des inquiétudes sur l’utilisation abusive de ce procédé ou des considérations liées à la protection de la jeunesse.
Parmi les pays qui ont interdit totalement la cigarette électronique, nous trouvons le Brésil, la Thaïlande, l’Inde, Oman, Singapour, le Cambodge, l’Indonésie, le Japon, les Philippines, Sri Lanka, le Vietnam, le Qatar, le Liban et bien d’autres encore. Des peines très sévères sont appliquées contre les utilisateurs indélicats.
Le médecin Reto Auer(4) pointe du doigt « une augmentation de la consommation chez les jeunes », soulignant que les cigarettes électroniques peuvent entraîner des personnes non fumeuses dans l’engrenage de l’addiction à la nicotine.
La faute à un marketing qui vise les jeunes. Selon Janet Hoak (5), professeure en santé publique à l’Université d’Otago en Nouvelle-Zélande, la publicité des cigarettes électroniques a tout pour séduire les jeunes.
Plusieurs pays ont décidé de permettre l’utilisation de la vapoteuse, sous certaines conditions. Ces restrictions concernent l’âge minimal nécessaire pour utiliser ce produit, les lieux où son utilisation est autorisé et la publicité et promotion d’ articles liés à son usage.
Les pays qui autorisent la vapoteuse sous certaines conditions sont les États-Unis, la France, l’ Allemagne. Nous avons vu que la France a adopté une loi visant l’interdiction des cigarettes électroniques jetables qui selon les experts contiennent de la nicotine.
L’inhalation de substances chimiques nocives qui se dégagent des produits du vapotage peut causer des dommages irréversibles (ne pouvant pas être guéris) aux poumons, des maladies pulmonaires et, dans certains cas, le décès.
Certaines recherches suggèrent que le vapotage peut augmenter le risque de maladies cardiovasculaires telles que l’hypertension artérielle, les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC), le trouble du rythme cardiaque, endothéliopathie vasculaire (maladie des petits vaisseaux). (6)
Comme nous le soulignions précédemment, les pays qui interdisent ou réglementent la cigarette électronique le font pour des raisons de santé publique. Ils craignent les effets néfastes de la nicotine sur les jeunes et les non-fumeurs, ainsi que son utilisation abusive.
Par ailleurs, il existe des préoccupations relatives à la qualité des produits de cigarette électronique sur le marché, ainsi que le risque de contrefaçons.
Selon les études effectuées par l’association pulmonaire du Canada, en plus de créer une dépendance à la nicotine, il existe un grand nombre de risques encore inconnus pour la santé.
Les produits chimiques présents dans l’e-liquide pour confirmer qu’ils sont sans danger si on les mange, n’ont pas été testés dans le cas où ils sont respirés. Lorsqu’ils sont chauffés, les liquides produisent des substances chimiques qui pourraient causer des préjudices à long terme aux poumons. Le processus du chauffage peut dégager des produits chimiques comme le formaldéhyde et d’autres contaminants comme du nickel, de l’étain et de l’aluminium.
Les arômes dans le tabac ont été interdits en raison de leur mise en marché évidente pour les jeunes – et le vapotage devrait être traité de la même manière. Afin de protéger les poumons des enfants Il est nécessaire d’abolir les arômes dans les produits de vapotage.
Des milliers d’ arômes d’e-liquide sont proposés pour attirer les jeunes et les enfants. Ces effluves attirent surtout les jeunes, plus de 83 % des jeunes (de 15 à 19 ans) qui utilisent la cigarette électronique déclarent utiliser des e-liquides aux arômes de fruits ou de friandise/dessert. Déguiser un produit à base de nicotine au moyen de noms de desserts et de friandises dissimule ses effets néfastes.
Toujours selon l’ association pulmonaire du Canada, les recherches se poursuivent pour mieux appréhender les effets toxiques à long terme de l’utilisation de la vaporette. A ce jour, les effets négatifs sont évidents.
Nous avons pu constaté que les pays qui interdisent les cigarettes électroniques sont moins regardant sur les cigarettes traditionnelles.
Peut-être que cela est du à la puissance de l’industrie du tabac qui possède une grande influence sur les politiques sanitaires de nombreux pays.
L’État perçoit d’importantes taxes sur le tabac, l’interdire entraînerait une énorme perte pour les finances publiques déjà bien malade ! (en France). L’influence des lobbies du tabac justifie la vente autorisée des cigarette malgré l’ inscription « Fumer tue » qui figure sur les paquets de cigarettes. Cette inscription très hypocrite ne semble pas servir à grand-chose ni interpeller la classe politique !
Nous avons commencé ces quelques lignes en citant le film « Révélation » qui démontrent les effets nocifs du tabac sur notre santé, mais aussi le pouvoir de l’argent qui autorise tout.
Le vapotage qui est perçue comme une atteinte à la santé de la jeunesse devrait être suivi de mesures drastiques. En effet puisqu’il a été dit que la cigarette électronique peut devenir une entrée vers le tabac chez les jeunes, il serait judicieux d’interdire son utilisation définitivement.
1-vice-président de la recherche et du développement de Brown & Williamson Tobacco Corporation, société productrice de cigarettes,
2- journaliste, producteur de télévision et professeur de journalisme américain. Wikipédia (anglais)
3-Depuis le 24 février 2025, il est interdit de vendre ou d’offrir gratuitement des cigarettes électroniques jetables, communément appelées « puffs ». Ces dispositifs électroniques de vapotage à usage unique, déclinés en divers arômes fruités et sucrés, sont arrivés en France en 2021 et ont notamment été consommés par des adolescents malgré une interdiction de vente aux mineurs.
4-Reto Auer a étudié la médecine humaine à Neuchâtel et à Lausanne, ainsi qu’à l’Université Humboldt de Berlin. Depuis 2016, il exerce comme médecin de famille dans un cabinet de groupe et dirige le secteur Consommation de substances à l’Institut bernois de médecine de premier recours (BIHAM) de l’Université de Berne. Actuellement, il mène – entre autres – une vaste étude à échantillon aléatoire avec son équipe pour déterminer si la vaporette (vapoteuse, ou cigarette électronique) constitue un instrument adéquat pour faciliter l’arrêt du tabac. Cette étude est aussi soutenue par la fondation de recherche Suisse contre le cancer.
5-professeure en santé publique à l’Université d’Otago en Nouvelle-Zélande
5-Association pulmonaire du Canada
https://www.poumon.ca › santé-pulmonaire

Il y a fort à parier que pour faire face aux lois antitabacs, les cigarettiers ont promus la vapote en assurant qu’elle n’était qu’une transition vers l’abandon de la cigarette.
Pour ce faire, ils veilleront qu’elle soit autorisée en tous lieux et qu’elle échappe à d’éventuelles taxes.
En vérité, elle créée également une dépendance, de plus les réactions chimiques à partir de de ses différents composants dont certains échappent à la publicité, s’avèrent cancérigènes et comme des perturbateurs endocriniens.
Métaux lourds, polonium-210, j’en passe et des meilleurs, sont de véritables bombes à retardement.
A l’instar de la cigarette et peut-être pire encore, la vapote c’est de voir sa santé partir en fumée.