Le 26 novembre 1812, la Grande Armée de Napoléon arrive au bord de la Bérézina, un affluent du Dniepr, au terme d’une expédition militaire effroyable, point final d’une retraite engagée depuis Moscou le 18 octobre et qui aboutit à l’abandon de près de 10 000 hommes, femmes et enfants sur la rive orientale.
Depuis, le terme de « Bérézina » est entré dans la langue française comme synonyme de « désastre ».
Une autre « armée », composée de 700 élèves français, âgés de quinze ans et issus de 282 écoles, au même titre que d’autres élèves d’autres pays mondiaux, s’est retrouvée confrontée dernièrement au « fleuve Pisa » et ses « confluents » que sont les Mathématiques, la Compréhension de l’Écrit et les Sciences.
Ont-ils été plus performants que l’armée Napoléonienne ?
Malheureusement non !
Ils ont fini, pour leur grande majorité, au fond du fleuve submergés par les flots des 3 thèmes structurant cette évaluation mondiale.
Cette déroute cuisante est-elle un accident ou plutôt le résultat d’une lente descente de cette Éducation Nationale, qui n’a plus d’Éducation que le nom, vers les profondeurs de la médiocrité depuis plus de 30 ans ?
Quelle analyse pouvons-nous en tirer ?
Scène de la vie scolaire en 1987 :
Un mardi matin printanier, après une récréation mouvementée et régénératrice, le maître de la classe de CM2 d’une école de province rappelle ses élèves pour reprendre son cours.
Les élèves, qui se rangent docilement en file indienne, rentrent dans la classe et s’installent tranquillement à leurs pupitres.
Le maître rentre à son tour et annonce que le prochain exercice sera une dictée.
Les élèves ouvrent leurs cahiers et prennent leurs stylos.

Le maître débute dans un silence attentif la dictée en prononçant chaque mot, verbe, conjonction distinctement :
« Le soir tombait. Papa et maman, inquiets, se demandaient pourquoi leurs quatre garçons n’étaient pas rentrés.
Les gamins se sont certainement perdus, dit maman. S’ils n’ont pas encore retrouvé leur chemin, nous les verrons arriver très fatigués à la maison.
Pourquoi ne pas téléphoner à Martine ? Elle les a peut-être vus !
Aussitôt dit, aussitôt fait !
À ce moment, le chien se mit à aboyer. »
Le maitre récupère les copies et les corrige.
Il les remet aux élèves en félicitant les meilleurs et en encourageant le reste de la classe.
Il déplore tout de même une moyenne de 10 erreurs parmi ses élèves.
Scène de la vie scolaire en 2023 :
Un mardi matin printanier, après une récréation mouvementée et régénératrice, le maître de la classe de CM2 d’une école de province rappelle ses élèves pour reprendre son cours.
Les élèves turbulents ont du mal à regagner la classe et le maître doit s’y reprendre à plusieurs fois pour les faire rentrer de nouveau en classe.
Ils regagnent péniblement leurs pupitres dans un grand brouhaha et quelques boules de papier volent d’un élève à l’autre.
Le maître rentre à son tour et parvient tant bien que mal à faire revenir le calme.
Il annonce que le prochain exercice sera une dictée.
Les élèves manifestent pour certains leur mécontentement et au bout de 5 minutes interminables, ils ouvrent leurs cahiers et prennent leurs stylos.
Le maître débute alors la dictée dans un calme relatif en essayant de prononcer et de faire entendre chaque mot, verbe, conjonction distinctement :
« Le soir tombait. Papa et maman, inquiets, se demandaient pourquoi leurs quatre garçons n’étaient pas rentrés.
Les gamins se sont certainement perdus, dit maman. S’ils n’ont pas encore retrouvé leur chemin, nous les verrons arriver très fatigués à la maison.
Pourquoi ne pas téléphoner à Martine ? Elle les a peut-être vus !
Aussitôt dit, aussitôt fait !
À ce moment, le chien se mit à aboyer. »
Le maitre récupère les copies dans une cacophonie générale et les corrige.
Il les remet aux élèves dans une indifférence générale.
Il déplore dans son for intérieur une moyenne de 20 erreurs parmi ses élèves.
Un exemple de la décrépitude de cette Éducation Nationale qui, en l’espace de moins de 40 ans, a vu nos écoliers doubler le nombre de fautes sur un texte aussi court et dépourvu de difficultés.
Comme l’indique Laurent Wauquier dans une tribune parue sur LinkedIn :
« 40% des élèves de sixième ont des difficultés pour lire, écrire ou compter ; la moitié des élèves de quatrième ne lisent pas correctement ; un élève de quatrième sur cinq est quasiment incapable de lire ; plus de 50% d’entre eux ne maîtrisent pas les bases des mathématiques, notamment la géométrie et les problèmes. »
N’en jetez plus !
Alors quand arrive l’enquête Pisa, on ne peut qu’avoir de très profondes inquiétudes, poussant d’ailleurs notre Président informé préalablement à changer le ministre en poste, dont on ne rappellera pas son nom sous peine de lui faire trop d’honneur, pour le remplacer par Gabriel Attal, qui depuis son arrivée multiplie les initiatives, pour certaines pertinentes, dans le contexte à la dérive de notre Éducation Nationale.
Mais le mal est fait et plus profond, les résultats sont sans appel :
Le Figaro indique : « Comme lors des éditions précédentes, la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE. Les élèves français ont en effet obtenu 474 points en mathématiques, soit juste au-dessus de la moyenne, qui s’établit à 472 points ; 474 points en compréhension de l’écrit alors que la moyenne se situe à 476 points ; 487 points en culture scientifique quand la moyenne pointe à 485 points.
Constat peu réjouissant.
Alors même que l’Hexagone est la 7e puissance économique mondiale, elle arrive 26e en mathématiques comme en culture scientifique et 29e en compréhension de l’écrit »
Comment expliquer ces résultats pitoyables ?
Indiquons d’emblée les raisons que les spécialistes du déni mettent immédiatement en avant, en reconnaissant volontiers leur impact :
- L’effet Covid.
- La pénurie d’enseignants traduisant la crise de vocation dans le domaine de l’Éducation, en partie motivée par des salaires peu incitatifs et des conditions d’exécution du métier dégradées.
Cet « écran de fumée », réel au demeurant, ne cache-t-il pas d’autres facteurs fortement liés à cette situation ?
Pour notre part, nous en identifions 3 principaux :
- La mise en œuvre d’une politique d’Éducation Nationale se construit sur un temps long pour en voir les bénéfices et s’inscrire dans le cadre d’une amélioration continue. Or, nous avons eu 12 ministres en 23 ans, (et pour certains des très mauvais que chacun reconnaîtra) :
Ne faudrait-il pas stabiliser un (bon) ministre à son poste le temps minimum d’un ou de deux quinquennats ?
- Le 2ème est d’ordre idéologique, sous la dynamique de gouvernement de gauche et sous la manœuvre de syndicats politisés : l’égalitarisme.
La politique affichée est d’offrir à tous les élèves des conditions égales d’accès à l’Éducation, quelles que soient son origine et ses conditions sociales.
Ce qui d’un point de vue social est très largement respectable.
Mais l’est-ce d’un point de vue efficacité et performances ?
Au fil du temps, on a vu l’émergence du collège unique, l’abandon du redoublement, la suppression progressive de certains examens intermédiaires, l’objectif de 80% réussite au baccalauréat…
Cela a conduit à un nivellement par le bas dont on paye aujourd’hui les frais.
Laurent Wauquier nous déclare à cet effet :
« On a appliqué cette politique de nivellement vers le bas avec une constance absolue depuis des années. Mais il faudrait être fou pour ne pas enfin ouvrir les yeux. La politique d’égalitarisme a conduit à une faillite totale et au résultat strictement inverse : l’éducation n’a jamais été aussi inégalitaire que depuis qu’elle a renoncé à parler d’effort, de travail et de transmission. On a confondu le laxisme avec la bienveillance. La bienveillance envers un élève, c’est d’avoir le courage et le bon sens de lui dire que pour réussir il faut s’en donner du mal et qu’il n’y a pas d’apprentissage sans effort. »
Le retour de l’Autorité, de l’encouragement à l’effort et au mérite s’impose.
- Le troisième est celui de l’Immigration.
De peur de stigmatiser une certaine population, cet aspect est très peu ressorti des commentaires dans nos médias.
Pourtant, comment l’ignorer, quand de nombreux élèves allophones issus de cette origine, ne maîtrisent pas la langue française, elle-même souvent peu maîtrisée par leurs parents ?
Ou alors refusent un certain nombre d’enseignements au nom de leur religion ?
Comme l’indique l’essayiste et enseignant Joachim Le Floch-Imad dans une tribune du Figaro :
« Les résultats scolaires des jeunes issus de l’immigration sont tout d’abord nettement inférieurs à la moyenne, ce qui contribue à notre déclassement dans les études internationales. Cela favorise par ailleurs l’hétérogénéité des classes, déjà̀ importante du fait de la massification, et conduit dès lors de nombreux professeurs à aligner leurs exigences sur le niveau des plus faibles »
Enfin, on indiquera que dans certains pays, les élèves issus de l’immigration ont cependant obtenu de meilleurs résultats en mathématiques que les autochtones, dont le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.
On signalera cependant que le type d’immigration dans ces pays n’est pas celui que nous subissons sur le territoire français et européen…
L’arrêt provisoire ou définitif de toute immigration musulmane est une nécessité.
Le redressement de l’École est une priorité immédiate, il y a urgence car elle conditionne la France de demain déjà très largement impactée.
Les possibles axes d’actions sont inscrits dans l’analyse ci-dessus.

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