Chronique d’une ingratitude nationale
Il faut avoir l’âme chagrine, l’esprit chétif et la mémoire courte pour s’alarmer.
Car enfin, les Français viennent de livrer, par un sondage récent, leurs trois priorités :
- la lutte contre l’insécurité,
- la baisse de l’immigration.
- l’augmentation du pouvoir d’achat,

- Quelle déraison ! Quelle indécence, même !
Comment ose-t-on, dans un pays aussi évidemment prospère, apaisé et exemplaire, reléguer l’écologie au rang des détails accessoires ? Comment peut-on ignorer, avec une telle désinvolture, les avancées déterminantes et stratégiques obtenues sous la conduite éclairée de Emmanuel Macron ?
Un peuple décidément difficile à satisfaire
Rappelons quelques évidences, puisque certains semblent les avoir manquées.
Le travail, d’abord : il paye. Mieux, il paye beaucoup. Les impôts, ensuite : ils figurent parmi les plus légers de la planète, chacun peut le constater, à condition de ne pas trop s’attarder sur les comparaisons chiffrées internationales.
Quant aux services publics, ils fonctionnent avec une précision quasi suisse : accessibles, efficaces, fluides, humains.
Et surtout comment l’oublier ? Notre dette est enfin maîtrisée. Oui, maîtrisée.
Mieux encore, le PIB est en pleine explosion, propulsant la France dans une dynamique économique si puissante que nous avons littéralement « soulevé la table ».
Cette performance macro-économique remarquable nous a permis de revenir à une situation enviée dans le monde entier, admirée par nos partenaires, citée en exemple dans les cénacles économiques internationaux, et ressentie très concrètement dans le quotidien de chaque foyer.
Dès lors, pourquoi s’inquiéter du pouvoir d’achat ?
Sans doute par goût de l’exagération ou par incapacité à percevoir les bénéfices immenses de cette prospérité retrouvée.
L’insécurité : une impression, rien de plus
Vient ensuite ce fameux « sentiment d’insécurité ».
Un sentiment, donc. Une vue de l’esprit.
Car chacun peut en témoigner : nos rues respirent la sérénité, nos transports la quiétude, nos centres-villes la douce insouciance.
Les statistiques rassurent, les discours apaisent, et l’expérience quotidienne confirme à condition, bien sûr, de ne pas trop sortir de chez soi ni de lire la presse locale.
S’inquiéter de l’insécurité dans un tel contexte relève presque de la coquetterie anxieuse.
L’immigration : une chance unanimement vécue comme telle
Troisième priorité indigne : la baisse de l’immigration. Là encore, quelle incompréhension.
L’immigration est une chance, chacun le répète, donc c’est vrai. Une chance parfaitement assimilée, harmonieusement intégrée à nos racines judéo-chrétiennes, enrichissant notre culture déjà foisonnante et consolidant un vivre-ensemble qui force l’admiration du monde.
Les tensions ? Marginales. Les difficultés ? Fantasmées. Les débats ? Inutiles. Tout va bien, et surtout mieux ailleurs, enfin, mieux ici que partout ailleurs.
Une France respectée, une voix qui porte
Sur la scène internationale, la voix de la France n’a jamais été aussi entendue, respectée, structurante.
Alliances stratégiques, leadership diplomatique, crédibilité militaire et morale : notre pays rayonne.
Les relations internationales, elles aussi, ont été pacifiées avec brio.
Ainsi, les liens avec les pays du Maghreb sont aujourd’hui empreints d’une harmonie exemplaire, et plus particulièrement avec Algérie, qui a su tourner définitivement la page du passé colonial français.
Les incompréhensions historiques sont dissipées, la coopération est fluide, la confiance mutuelle rétablie.
Les OQTF sont pleinement acceptées, sans réserve ni délai, et une synergie culturelle, diplomatique et stratégique de très haut niveau structure désormais une relation mature, équilibrée et tournée vers l’avenir.
Là encore, il faut vraiment faire preuve d’un pessimisme tenace pour ne pas saluer une telle réussite.
Une France souveraine
La réussite macronienne ne pouvait évidemment être complète sans le retour éclatant de la souveraineté française.
La France a su réaffirmer, avec une maîtrise juridique remarquable et une élégance rare, la primauté de son droit national sur celui de l’Union européenne, reprenant le contrôle plein et entier de sa Constitution, enfin replacée au sommet de l’édifice normatif.
Le peuple, longtemps cantonné à un rôle consultatif décoratif, a retrouvé la primauté de sa parole, grâce à des règles constitutionnelles renforcées et à l’usage régulier, éclairé et parfaitement opportun du référendum, devenu l’instrument naturel d’une démocratie apaisée et mature.
La démocratie directe, longtemps évoquée, est désormais une réalité fluide, structurée, pleinement opérationnelle, au point que l’on se demande pourquoi certains persistent à parler de crise démocratique.
Cette souveraineté retrouvée s’est incarnée de façon exemplaire dans le redressement spectaculaire de l’agriculture française.
Protégée avec fermeté face aux injonctions européennes, libérée des accords mondialistes destructeurs de ses valeurs, de ses terroirs et de ses racines, l’agriculture nationale a renoué avec son dynamisme historique et sa primauté mondiale.
Le modèle français, fondé sur l’excellence, la transmission et l’identité, a été sanctuarisé, défendu, promu, au point que l’on peine à comprendre comment le moindre malaise pourrait encore s’y exprimer.
Ainsi, souveraine dans son droit, dans sa démocratie et dans ses champs, la France avance, solide, respectée, réconciliée avec elle-même.
Ainsi, la France décide.
La France tranche.
La France avance, souveraine, unie, confiante.

Huit ans de réussite incontestable : l’évidence enfin révélée, l’ingratitude comme sport national
En définitive, il faudrait être profondément déraisonnable, presque indécent, pour ne pas reconnaître l’éclatante réussite de ces huit années de gouvernance.
Car tout est là : prospérité partagée, sécurité ressentie, harmonie culturelle, souveraineté retrouvée, influence internationale consolidée. La France avance, sereine, éclairée, reconnaissante.
Dès lors, ces Français qui persistent à classer le pouvoir d’achat, la sécurité ou l’immigration parmi leurs priorités révèlent moins une inquiétude légitime qu’une ingratitude chronique.
Malgré cette souveraineté reconquise, malgré une agriculture protégée comme jamais, malgré un peuple enfin consulté, entendu, écouté, certains persistent à douter, à protester, à réclamer encore.
Des agriculteurs qui manifestent, des citoyens qui s’inquiètent, des électeurs qui grognent, comme si la réussite éclatante de tout un pays pouvait encore laisser place à des frustrations individuelles.
Il faut croire que l’ingratitude est la dernière ressource d’un peuple trop comblé.
Quand tout est souverain, protégé, maîtrisé, il ne reste plus qu’une chose à contester : l’évidence elle-même.
Car enfin, dans une France aussi parfaitement gouvernée, ne pas reconnaître la réussite relève moins de l’opinion politique que d’un refus obstiné de la gratitude.
Et à ce stade, ce n’est plus un désaccord.
C’est une incorrection civique.
Ils doutent là où il faudrait applaudir, questionnent là où il conviendrait d’acquiescer, réclament là où ils devraient remercier.
Mais rassurons-nous : le peuple finit toujours par comprendre.
Il comprendra que tout allait bien. Il comprendra que tout allait mieux. Il comprendra, surtout, que s’il ne le voyait pas, c’est qu’il regardait mal.
Et s’il persiste malgré tout à ne pas percevoir ces évidences éclatantes, une explication demeure : le problème n’aura jamais été la politique menée mais la capacité du peuple à en saisir la grandeur.
Après tout, dans un pays qui va aussi bien, le doute n’est plus une opinion.
C’est une faute de goût.
Les Français savent, au fond d’eux, combien ils ont de la chance.

Cet article humoristique « fait le tour », très certainement de ce que les macronistes, très connus pour leur objectivité légendaire, ont dans le cerveau. C’est malheureux mais c’est la triste réalité.